Le photovoltaïque se renforce avec les batteries et l’intelligence artificielle

En complément d’autres énergies renouvelables, le solaire en toiture a une belle carte à jouer en raison d’avancées technologiques notables et de la montée en compétences des entreprises du secteur.
12:4514/09/2026
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Bâtimétiers Numéro 84 | septembre 2026

Même si ses ambitions solaires ont été ajustées à la baisse dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) qui prévoit une puissance installée de 48 GW d’ici 2030 et de 55 à 80 GW d’ici 2035, le solaire a de beaux jours devant lui. L’investissement dans de nouveaux réacteurs nucléaires va prendre des dizaines d’années avant qu’ils soient opérationnels. « Nous avons ainsi une carte à jouer, par notre capacité rapide à pouvoir développer et déployer des panneaux solaires qui vont nous permettre de capter cette énergie et de produire de l’électricité localement », souligne Olivier Carpentier, fondateur et cogérant d’OCSUN, électricien adhérent de la FFIE-FFB et représentant régional PACA pour le GMPV-FFB.

 

D’autant que le pilotage par le stockage de l’énergie a connu des avancées notables ces dernières années. Sa fabrication à grande échelle a permis une forte baisse des coûts d’investissement. « Même si de nombreux panneaux viennent de Chine, la France travaille également sur le développement d’usines de fabrication de panneaux pour de plus gros volumes, comme la société Voltec, par exemple », précise Olivier Carpentier.

 

Les batteries associées aux panneaux photovoltaïques utilisant des technologies LFP (lithium-fer-phosphate) incluent désormais des commutations ultrarapides vers le mode secours (moins de 10 ms) et des capacités extensibles sans réelles limites pour les stations solaires. Elles sont garanties jusqu’à 10 000 cycles, avec de dix à vingt ans de durée de vie, sans risque d’incendie. Les installations solaires sont aussi dotées d’une connectivité via l’intelligence artificielle, qui optimise la gestion de leurs batteries en améliorant l’efficacité, la durée de vie et l’adaptation aux besoins énergétiques du bâtiment mais aussi du réseau.

Grâce à tout cela, OCSUN a, par exemple, installé une centrale photovoltaïque en toiture des bâtiments du parc national de Port-Cros sur l’île de Porquerolles, en respectant les notions d’intégration dans le paysage. Une capacité de stockage de 75 kWh en batterie de seconde vie de chez Eaton ainsi que l’installation de bornes de recharge bidirectionnelles couplées aux véhicules électriques des agents du parc ont permis de rendre le site autonome et d’acquérir une certaine indépendance énergétique.

 

Reste que pour assurer le développement du photovoltaïque, il faut aussi que toutes les entreprises soient à la hauteur des enjeux. « Ces dernières années de nombreux acteurs ont participé à la montée en compétences de leur personnel mais, dans notre métier, nous avons en revanche souffert de l’incompétence de sociétés éco-délinquantes sans scrupules », déplore d’ailleurs Olivier Carpentier. Cela passe notamment par la formation du personnel pour répondre à des exigences sécuritaires et réglementaires pour l’installation aussi bien de panneaux que de batteries de stockage. De nombreux organismes de certification comme Qualifelec, Qualit’EnR ou encore Qualibat existent, et le GMPV-FFB, avec l’appui de la Fédération française du bâtiment, a largement participé à la structuration et l’accompagnement des acteurs de cette industrie.

 

Le groupement a aussi travaillé sur des référentiels techniques pour diffuser largement les guides de bonnes pratiques. « Depuis vingt ans, notre métier a beaucoup évolué. Nous sommes passés d’installateurs de panneaux solaires à de véritables énergéticiens du bâtiment, et beaucoup d’entreprises sont formées pour participer au développement de toitures photovoltaïques performantes. Nous faisons évoluer, au côté des fabricants et par l’intermédiaire de nos remontées du terrain, les besoins au niveau du pilotage et du stockage de nos installations », explique Olivier Carpentier.

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