Biosourcés et pare-vapeur - Maîtriser l’assurabilité de ces matériaux d’avenir

Portés par la RE 2020 et les objectifs de décarbonation du secteur, les matériaux biosourcés – bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, fibre de bois, liège, lin… – sont progressivement prescrits dans les projets de construction et de rénovation. Leurs atouts en matière de bilan carbone et d’analyse du cycle de vie en font des leviers reconnus.
7:1215/09/2026
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Bâtimétiers Numéro 84 | septembre 2026

Leur mise en œuvre obéit à des règles techniques spécifiques que les entreprises doivent maîtriser. Premier point de vigilance : la gestion de l’humidité. Contrairement à la laine minérale, les isolants biosourcés peuvent réagir différemment à la vapeur d’eau. Les configurations, le positionnement et les performances de la membrane pare-vapeur peuvent être différents des configurations habituelles en laine minérale, et cela afin de diminuer le développement de moisissures. Dans beaucoup de cas, le pare-vapeur est nécessaire. Pour certains isolants, les performances de comportement au feu sont différentes de celles de la laine minérale et amènent à une restriction ou à un changement de configuration au niveau des différents composants de l’ouvrage.

 

Un point de vigilance : l’assurance. Une responsabilité décennale pèse sur les acteurs de l’acte de construire. Il s’agit d’un régime strict auquel on ne peut pas déroger par des clauses contractuelles. Concrètement, il n’est pas possible d’exclure l’application de la décennale en cas de mise en œuvre d’un isolant biosourcé, même si toutes les parties sont d’accord. Une assurance obligatoire couvre la responsabilité décennale des constructeurs.

 

Or ces contrats comportent une clause dite de « technique courante », souvent limitée aux NF DTU, aux Avis techniques, aux appréciations techniques d’expérimentation avec avis favorable et aux produits/techniques validés par la Commission Prévention Produits de construction. En cas de doute, le mieux est de solliciter l’assureur en amont et de souscrire une extension de garantie en cas de besoin. À défaut, le risque est d’essuyer un refus total ou partiel de garantie en cas de sinistre.

 


C’est dans ce contexte que la section professionnelle UMPI-FFB Nouvelle-Aquitaine a organisé, le 26 mars 2026 à Tonnay-Charente (Charente-Maritime), une journée régionale dédiée aux biosourcés et à l’assurabilité afin de traduire ces enjeux sur le terrain. Près de quatre-vingts participants – entreprises, architectes, bureaux d’études, partenaires fabricants – ont répondu « présent », témoignant d’un intérêt croissant pour le sujet.

 

L’événement, à l’initiative de David Jouan, nouveau président de l’UMPI-FFB Nouvelle- Aquitaine, a associé des experts en assurance (Socabat) et l’Agence Qualité Construction pour croiser les regards sur la sinistralité réelle des biosourcés. Parmi les temps forts, la présentation du logiciel développé par l’UMPI-FFB qui permet d’établir un rapport en quelques minutes indiquant si un pare-vapeur est nécessaire pour le chantier ainsi que sa performance appropriée, tout en rappelant les textes de référence appliqués au cas par cas.

 

Côté matériaux, une échéance est à retenir : la fibre de bois intégrera l’ensemble des NF DTU à compter du 30 mai 2027, date à laquelle elle accédera au statut de technique courante. Les autres biosourcés resteront pour l’heure sous Avis technique. Une évolution qui reflète le chemin parcouru par la filière — et celui qui reste à parcourir pour sécuriser durablement ces chantiers. 

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