La renaissance d’un bâtiment remarquable

La résidence historique Eisenhower, située à Reims, a été entièrement rénovée. Ce chantier illustre le savoir-faire d’une entreprise familiale du bâtiment, le groupe Sionneau, qui a réalisé les travaux de finition.
7:1115/09/2026
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Bâtimétiers Numéro 84 | septembre 2026

Transformer un hôtel particulier ancien en lieu de vie contemporain sans en trahir l’âme : tel était l’enjeu de la rénovation de la résidence Eisenhower. Édifié entre 1911 et 1913, cet hôtel particulier, de style Beaux-Arts, d’une surface de 1 200 m2, a fait l’objet d’une réhabilitation ambitieuse pilotée par Chatillon Architectes, qui conjuguee conservation du patrimoine et exigences actuelles de confort.

 

Propriété des maisons de champagne Piper-Heidsieck, Charles Heidsieck et Rare Champagne, les travaux ont permis d’en faire une maison d’hôtes d’exception pour ces marques et un haut lieu d’œnotourisme.

 

À la manœuvre, l’entreprise familiale Sionneau, établie à Reims (Marne) depuis près de quatre-vingts ans et qui s’est développée autour de trois fils rouges : la décarbonation, un ancrage solide sur le Grand-Est ainsi que dans les Hauts-de-France, et une culture de la transmission de ses savoir-faire, grâce à l’expertise de ses compagnons. Sa filiale Sionneau Prestige est spécialisée dans l’embellissement intérieur (peintures, sols, décorations, etc.) auquel se consacrent près de cinquante collaborateurs et compagnons.

Allier maîtrise technique…

 

Sur la résidence Eisenhower, l’entreprise a ainsi réalisé tous les travaux de finition – peinture, revêtements muraux et rénovation décorative – qui ont joué un rôle déterminant dans la restitution de l’esthétique originelle. Le défi était de taille : intervenir sur des supports hétérogènes, souvent dégradés, tout en respectant les choix architecturaux, qui avaient été définis dès l’appel d’offres.

 

« Le travail préparatoire de remise en état des murs et plafonds, condition indispensable pour une finition irréprochable, a représenté environ deux tiers du temps total de mise en oeuvre », précise Chloé Sionneau, directrice du service Embellissement intérieur, qui a supervisé le chantier. L’équipe mobilisée a ainsi dû traiter les fissures, les décollements, les irrégularités et enlever les anciens revêtements avant d’appliquer peintures et papiers peints. Autre spécificité, le recours à la mécanisation des enduits et de la peinture (voir encadré) a permis d’optimiser les délais tout en garantissant une excellente qualité de rendu.

 

Le choix des matériaux a, lui aussi, contribué à la qualité finale. Ainsi les peintures à l’eau, privilégiées pour leur faible impact sur la santé et sur l’environnement, répondent aux attentes actuelles sans compromettre le rendu esthétique. Les teintes, très marquées, ont fait l’objet de nombreux essais, parfois à grande échelle, afin d’évaluer leur interaction avec la lumière et les volumes.

 

… et précision artisanale

 

Le chantier a mobilisé de nombreux savoir-faire particulièrement précieux. L’entreprise Sionneau a fait appel aux talents de spécialistes pour certaines restaurations complexes. La peintre en décor Franckie Heydecker est notamment intervenue pour restaurer la grande fresque du boudoir, très abîmée, et lui redonner sa patine d’origine. Elle a, par ailleurs, reconstitué sur des fenêtres des effets de matière, comme le bois, avec un réalisme saisissant. Quant aux moulures (constituées de soubassements en bois, de corniches et de rosaces en plâtre), également très détériorées, elles ont là aussi été réparées avec précision par un expert, avant que les compagnons du chantier ne prennent le relais sur le ponçage et l’embellissement.

 

Autre point technique, les papiers peints à raccords sautés, mis en œuvre notamment en tête de lit, ont fait l’objet d’un calepinage précis et très délicat pour créer une continuité dans les décors et motifs. « Sur un tel projet, au niveau d’exigence particulièrement élevé, l’importance accordée à la préparation des supports, l’usage de techniques performantes et la capacité à transmettre des gestes rares ont été des piliers de succès. La résidence Eisenhower est une vitrine de notre savoir-faire en matière de rénovation haut de gamme », relève Aurore Sionneau, dirigeante de l’entreprise.

 

Une coordination au cordeau des intervenants

Sur ce chantier de haute précision où se sont succédé corps d’état et phases techniques, et qui s’est en partie déroulé durant la crise sanitaire, la communication a été un point essentiel. « Cette période a complexifié l’organisation, imposant des arrêts puis une reprise accélérée pour respecter les délais de livraison. Jusqu’à dix compagnons ont été mobilisés en simultané, sous la supervision d’un chef d’équipe expérimenté. La gestion de la coactivité avec des entreprises locales, avec lesquelles nous avions l’habitude de collaborer, a été déterminante, tout comme la bonne coordination avec l’architecte et la maîtrise d’ouvrage », souligne Chloé Sionneau.

© CYRILLE BEUDOT

Des techniques de pointe au service de la finition

 

Allier innovation et tradition, c’est possible ! « Contrairement aux idées reçues, la mécanisation peut être mise au service d’une rénovation ancienne : elle permet non seulement d’optimiser le temps des travaux mais aussi d’atteindre une qualité de rendu supérieure », détaille Chloé Sionneau.

 

Ici, les enduits ont été projetés mécaniquement au pistolet puis lissés manuellement. La peinture a également été bordée manuellement au rouleau puis projetée au pistolet lorsque les conditions le permettaient. Enfin, les peintures sur les moulures, rosaces et zones complexes, nécessitant des applications très délicates, ont été réalisées au petit godet (un petit pistolet). L’ensemble de ces techniques favorise une surface plus homogène et un film de peinture plus tendu.

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