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Bâtimétiers N° 17 - 2009 | ÉQUIPEMENTS TECHNIQUES

INTALLATION DE CHAUFFAGE

Du bon usage du désembouage

De nombreuses pathologies rencontrées dans les installations de chauffage sont induites par la formation de boues dans les circuits. Après un diagnostic du système, plusieurs solutions de désembouage sont envisageables.

Avec le temps, les installations de chauffage, parce qu'elles sont en circuit fermé, peuvent se charger en boues. Celles-ci s'accumulent dans les radiateurs et les tuyaux jusque dans la chaudière. Pour assurer un bon fonctionnement, un rendement énergétique maximum de l'installation de chauffage et aussi pour prolonger la durée de vie des équipements, ces boues doivent être éliminées. L'opération peut se réaliser de plusieurs manières en fonction de la nature des boues. Ce qui impose, avant même de pratiquer le désembouage, la réalisation d'un diagnostic de l'installation.

Diagnostic

Ce diagnostic vise plusieurs objectifs. Tout d'abord, la recherche des causes de l'embouage. Un désembouage n'aura qu'un effet limité dans le temps si les facteurs responsables de l'apparition des boues ne sont pas identifiés et éliminés. Il est donc nécessaire d'effectuer un historique de l'installation, d'analyser l'eau d'appoint et les dépôts prélevés en points bas de l'installation, d'examiner les canalisations pour en mesurer l'état de dégradation, mais aussi pour s'assurer de la nature des dépôts (adhérents ou non). Le diagnostic doit aussi permettre de déterminer la pertinence d'un désembouage. Si les canalisations ou les radiateurs sont en trop mauvais état, peut-être vaut-il mieux les changer. Il doit aussi aider dans le choix de la méthode de désembouage à appliquer, et dans le recensement des équipements éventuels à ajouter pour réaliser le nettoyage : vannes de chasse, de purge d'air, d'isolement, dispositif de captage des boues...

Ces boues sont pour la plupart constituées d'oxydes métalliques et, en moindre proportion, de tartre carbonaté. On trouve aussi, dans certains cas, des dépôts de silice ou de sulfate, dépôts durs et adhérents. Cette différence de nature impose une vigilance particulière, les boues ne pouvant être éliminées n'importe comment. Ainsi, les dépôts durs et adhérents ne pourront être solubilisés. Pour les éliminer, il faudrait utiliser de l'acide sulfurique ou fluorhydrique, au risque de détériorer l'installation. Conclusion : le traitement doit impérativement être compatible avec la nature des boues.

Différentes méthodes de désembouage existent : nettoyage chimique ou nettoyage mécanique.

Nettoyage mécanique

Le nettoyage mécanique s'opère de deux manières : rinçage à grand débit d'eau ou, plus rarement, rinçage sous une double pression d'air et d'eau (nettoyage hydro-pneumatique). Dans ce cas, il y a un risque que le mélange air/eau provoque des vibrations susceptibles d'endommager les canalisations. Mieux vaut donc réserver ce traitement à des spécialistes. Les nettoyages mécaniques viennent souvent en complément des traitements chimiques curatifs. Ils permettent de réaliser un premier nettoyage puis, dans un second temps, d'évacuer des dépôts désagrégés à l'issue du traitement chimique. Ils peuvent aussi s'appliquer ponctuellement sur une partie de l'installation davantage embouée (émetteurs, planchers chauffants...). Ces opérations sont difficiles et longues à réaliser, particulièrement sur les installations collectives, car il faut procéder colonne par colonne. Elles requièrent un arrêt du chauffage, un accès facile à l'ensemble de l'installation et la mise en place préalable de vannes d'isolement et de chasse.

Méthodes « douces » et « chocs »

Il existe des méthodes dites « douces » sans arrêt de l'installation, et des méthodes « chocs » avec arrêt de l'installation. Les premières sont actuellement les plus utilisées, surtout sur les installations collectives. Elles consistent à mettre en œuvre un traitement peu agressif qui va mettre progressivement en suspension les boues de manière à les piéger sur des clarificateurs, puis à les expulser du circuit. Plutôt adaptées aux circuits individuels, les méthodes chocs, elles, exigent un arrêt de l'installation pendant un à plusieurs jours. Il s'agit d'un nettoyage chimique suivi d'un rinçage et d'un reconditionnement de l'eau du circuit.

L'identification des facteurs responsables de l'embouage lors du diagnostic doit être suivie d'actions d'amélioration sur l'installation, visant à limiter le risque de réapparition des désordres constatés.

Pour en savoir plus

UCF-FFB (Union climatique de France), www.ucf.fr