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Bâtimétiers N° 41 - 2015 | DOSSIER

Qualité de l'air intérieur

Comment font nos voisins européens ?

La qualité de l'air intérieur est aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique. En France, des dispositions existent concernant le renouvellement d'air minimum, l'étiquetage des produits de construction ou encore la surveillance de la qualité de l'air dans les ERP. Mais comment nos voisins européens traitent-ils le sujet ? Comment le marché de la ventilation et les filières professionnelles y évoluent-ils ? Ces évolutions peuvent-elles préfigurer celles du marché français ? Éléments de réponse à partir d'une étude réalisée, à la demande de la FFB, en Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni, en Suède et en Espagne(1).

L'amélioration de la performance énergétique des bâtiments, qui se traduit en France par la RT 2012 dans les bâtiments neufs, passe notamment par le renforcement de l'isolation et de l'étanchéité à l'air. En cas de ventilation inadaptée ou mal réglée, les polluants ne peuvent plus être évacués par les éventuels défauts d'étanchéité de l'enveloppe, ce qui entraîne un risque de dégradation de la qualité de l'air intérieur. Ces polluants qui s'accumulent dans les bâtiments sont principalement dus à la pollution extérieure, aux actions des occupants (cigarettes, bougies, produits d'entretien…), à des équipements de combustion peu performants, ou encore aux émissions des matériaux et produits de construction, ainsi que du mobilier.
Sur le plan réglementaire, la France a fixé dès 1982 des débits de renouvellement d'air minimaux dans les logements. Plus récemment, un décret de 2011, modifié en 2015, impose la surveillance de la qualité de l'air dans certains établissements recevant du public (crèches, écoles…). À noter enfin qu'un étiquetage obligatoire des produits de construction et de décoration a été mis en place en 2013, indiquant leurs émissions de COV (Composés organiques volatils, ex. : formaldéhyde, benzène).
Au-delà des exigences réglementaires en la matière dans notre pays, il y a bien là une vraie question de santé publique, avec à la clé un coût très important pour notre société : une étude réalisée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a évalué à 19 milliards d'euros minimum le coût annuel de la pollution de l'air intérieur en France. Cette première étude exploratoire a porté sur six polluants : benzène, trichloréthylène, monoxyde de carbone, radon, particules et fumées de tabac.

Un problème généralisé

Nos voisins européens, qui ont eux aussi mis en œuvre des réglementations thermiques améliorant l'isolation, sont confrontés aux mêmes problèmes. Moisissures et humidité sont fréquentes, surtout dans les logements rénovés, qui sont bien isolés mais sans système de ventilation ou équipés de systèmes inadaptés.

En Suède, le problème a même surgi de façon brutale dès les années 80. En réponse au choc pétrolier de 1973, le pays lance alors une vaste campagne d'isolation des logements pour réduire sa facture énergétique, mais sans prendre en compte la ventilation. Les conséquences seront lourdes : 1 million de personnes développent des problèmes respiratoires, 25 % de la population souffre d'asthme, 40 % des écoliers sont atteints d'allergies ou d'hypersensibilité… Les spécialistes désignent une cause principale : la mauvaise qualité de l'air intérieur, due au trop faible renouvellement d'air dans les logements.

En Autriche et en Allemagne, le même problème est apparu dans les années 90. Des taux importants de CO2 ont été relevés dans les écoles et les bâtiments réhabilités. Depuis une dizaine d'années, les plaintes se multiplient dans ces deux pays, émanant de locataires qui se plaignent de la condensation sur les fenêtres et des moisissures, notamment dans les logements sociaux bien isolés.

Au Royaume-Uni, la pollution de l'air intérieur a été identifiée comme un problème de santé publique il y a une quinzaine d'années, et une relation a été établie avec le fait que ce pays compte le plus grand nombre d'asthmatiques en Europe.

En Espagne, la réglementation impose une ventilation hybride ou simple flux dans les logements, adaptée au climat du pays, mais beaucoup d'occupants ont l'habitude d'ouvrir les fenêtres pour aérer. En raison de la crise économique, la qualité de l'air intérieur ne semble pas faire partie des priorités.

Sensibilisation et information des acteurs

Face à cette situation, nos voisins européens ont mis en place des actions d'information à destination des différentes cibles concernées afin d'orienter le marché vers des « bâtiments sains ».

En Suède, les associations des professionnels de la ventilation et de lutte contre l'asthme se sont associées pour publier une brochure qui alerte le grand public, au titre évocateur : « Indoor air : the silent killer » (« Air intérieur : le tueur silencieux »).

Au Royaume-Uni, l'association d'industriels BEAMA prépare une campagne d'information sur le même thème, en collaboration avec les organismes de santé.

En Autriche, une base de données de certification des produits a été créée à destination des professionnels pour les aider à choisir les produits de construction les moins impactants pour la qualité de l'air intérieur. L'index IBO (Institut autrichien de bâtiments sains et écologiques) sert de socle à un dispositif de subventions : les propriétaires bailleurs qui font appel, dans le cadre de leurs projets de construction ou de réhabilitation lourde, à des matériaux faisant partie de la base de données peuvent obtenir des subventions de la part des régions autrichiennes. Par ailleurs, les matériaux contenant des formaldéhydes sont interdits.

En Allemagne, les matériaux de construction sont soumis à des seuils d'émissions de COV, les valeurs limites étant définies par le Comité des professionnels de santé. Cette mesure participe, avec d'autres, à promouvoir le concept de « bâtiment sain » sur le marché haut de gamme, et à développer la demande, de la part du grand public, en matériaux non polluants pour le logement.

Des labels pour identifier les matériaux et produits les moins émissifs

Dans les différents pays étudiés, l'amélioration de la qualité de l'air intérieur passe notamment par l'utilisation de matériaux peu émissifs. L'application de la directive européenne sur les produits de construction, qui exige une déclaration de performance de ces produits vis-à-vis de l'environnement, du climat et de la santé, donne des informations sur leurs émissions dans l'air. En complément, de nombreux labels d'application volontaire existent. Ils établissent des exigences de qualité en certifiant le faible impact des produits sur le climat (CO2, consommation d'énergie), l'environnement (ressources naturelles) et la santé. Depuis 1992, les fabricants de l'Union peuvent faire appel à l'Ecolabel européen, qui s'applique à 26 catégories de produits et indique notamment leur teneur en COV.

En Allemagne et en Autriche, pays les plus avancés en la matière, le label Ange Bleu, émanant d'un organisme public, l'Agence pour l'environnement, certifie l'impact des produits sur le climat, l'environnement et la santé : il s'applique à 120 catégories de produits, dont les produits de construction. Il existe aussi dans ces deux pays des labels d'origine privée, comme NaturePlus, émanant notamment des industriels, qui peut aussi être attribué en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. Ce label certifie le faible impact sur l'environnement et la santé de produits comportant au moins 85 % de matières premières renouvelables.

En Suède, il existe le Nordic Eco-label, émanant du Nordic Council of Ministers, qui permet d'évaluer l'impact sur l'environnement et la santé de 63 catégories de produits de construction, et couvre l'ensemble de la Scandinavie.

En Allemagne, on recense aussi des labels d'origine privée appliqués à des catégories spécifiques de produits, comme le label GUT pour les revêtements de sols textiles, ou Emicode pour les fabricants d'adhésifs. Dans ce même pays, il existe déjà un marquage Ü obligatoire, émanant du Comité évaluation santé des produits bâtiment AgBB, pour les revêtements de sols (moquettes, linoleum, parquets…), qui impose des limites d'émissions de COV à 1 000 µg/m3.

Ces labels, présents pour certains sur le marché français, constituent une première étape vers la généralisation d'un marquage pour l'ensemble des matériaux et produits de construction. Ils sont souvent plus exigeants que la réglementation et prennent en compte un spectre plus large de polluants.

Ventilation : un marché qui se structure

Dans les différents pays étudiés, le marché de la ventilation est caractérisé par la cohabitation de deux grands types d'acteurs. Il s'agit, d'une part, des spécialistes historiques de la ventilation qui proposent des produits de type résidentiel ou tertiaire, d'autre part, des spécialistes du chauffage apparus avec le développement de la ventilation double flux. Les acteurs de la filière anticipent, dans le neuf, le renforcement des réglementations thermiques, qui va imposer la récupération de chaleur pour atteindre le niveau presque « zéro énergie » à l'horizon 2020. En rénovation, ils s'attendent à voir croître le marché de la ventilation pour résoudre les problèmes de dégradation du bâti liés à l'humidité et aux moisissures. Dans chaque pays, les besoins croissants en ventilation laissent augurer des rapprochements et concentrations industrielles dans le secteur.

Au Royaume-Uni, le Green Deal - plan de financement des travaux de rénovation énergétique par un fournisseur d'énergie, que le particulier rembourse via sa facture énergétique - ne prend pas en compte la ventilation, mais on voit apparaître un ensemble de solutions bon marché et sans conduits, donc simples d'utilisation : ventilation mécanique continue décentralisée (extracteur continu) ; unité décentralisée avec récupération de chaleur, à installer sur un mur extérieur (10 500 unités vendues en 2013) ; ventilation par insufflation (28 500 unités vendues en 2013). Le marché britannique est caractérisé également par l'essor d'offres groupées englobant rénovation thermique et ventilation, portées par des conseillers en énergie dans le cadre du Green Deal, et prenant en compte l'impact du logement sur l'environnement et la santé.

En Allemagne, on voit se développer les unités décentralisées avec récupération de chaleur, installées dans les chambres à coucher (50 000 à 80 000 unités vendues en 2013).

Systèmes de ventilation installés en maison individuelle

Améliorer la qualité des installations de ventilation

Dans les différents pays étudiés, des mesures plus ou moins contraignantes sont prises pour améliorer l'efficacité de la ventilation : recommandations sur les débits minimums, formation des installateurs débouchant sur une qualification, exigences sur le contrôle et la maintenance des installations.

En Espagne, des débits minimaux de ventilation sont imposés en résidentiel, et une maintenance annuelle est préconisée. Les architectes privilégient la ventilation naturelle hybride, moins efficace que la double flux mais plus simple à mettre en œuvre.

En Autriche, la réglementation n'impose pas de débits minimums dans les logements et tous les systèmes sont autorisés. Une formation de cinq jours est néanmoins proposée depuis 2009 aux installateurs, débouchant sur une certification, à l'initiative des agences d'énergie régionales ; une soixantaine d'entreprises sont qualifiées à ce jour.

Au Royaume-Uni, des débits de renouvellement d'air sont définis dans les constructions neuves et peuvent être appliqués aux rénovations. Mais le lot ventilation n'est pas considéré comme stratégique par les maîtres d'œuvre, qui sont réticents à installer des systèmes performants comme les double flux. Concernant la pose, le code de la construction recommande de « faire appel à une personne compétente », et une formation dédiée aux installateurs de systèmes de ventilation « réglementés » a été déployée depuis 2011.

En Suède, des mesures drastiques ont été prises pour éradiquer les problèmes de santé publique apparus dans les années 80. Un débit de renouvellement d'air minimum de 0,35 litre/s/m2 de plancher est imposé dans le neuf et recommandé en rénovation. Les systèmes double flux sont un standard dans le tertiaire depuis des années. Dans le résidentiel, une formation des installateurs, y compris du personnel de chantier, a été mise en place dès 2003 dans le cadre d'un programme global qui implique l'ensemble des acteurs de la filière. Ce pays est par ailleurs le seul à imposer un contrôle et un entretien général des installations : tous les 6 ans pour la VMC simple flux, et tous les 3 ans pour la VMC double flux.
Dans le collectif, une maintenance est systématiquement réalisée dans le cadre de l'entretien du bâtiment. Ces mesures font de la Suède le pays le plus en pointe en matière de ventilation et de qualité de l'air intérieur. Dans les autres pays étudiés, il n'y a aucune obligation d'entretien et de maintenance des équipements de ventilation.

Double flux : entre volonté politique et freins techniques

Certains États ont pris des mesures incontournables pour améliorer la ventilation des bâtiments, en faisant par exemple de la VMC double flux un élément indispensable en pratique pour atteindre les performances thermiques réglementaires dans les bâtiments neufs ou en rénovation.

Au Royaume-Uni, le programme gouvernemental de rénovation énergétique des logements sociaux accorde des subventions aux bailleurs à la condition de mettre en place des VMC double flux dans leurs logements.

En Allemagne, la performance énergétique des bâtiments bénéficiant d'aides de la banque publique KfW doit être supérieure de 40 % par rapport à la réglementation thermique en vigueur - une exigence qui implique aussi la mise en œuvre d'une VMC double flux. Il existe cependant des freins à la généralisation des systèmes de VMC double flux, aussi bien de la part des bailleurs et des maîtres d'œuvre que des utilisateurs finaux.

En Autriche, le gouvernement a décidé de ne pas généraliser le label Passivhaus dans les logements neufs. Celui-ci est considéré par les bailleurs sociaux comme trop exigeant pour des occupants qui ne sauront pas utiliser correctement le logement, et comme imposant une ventilation qui n'est pas au service de la santé mais des économies d'énergie, jugée de surcroît responsable de courants d'air sec et de bruit, sans oublier les coûts de maintenance.

Au Royaume-Uni, des systèmes de ventilation mécanique mal installés ont généré des difficultés d'utilisation et d'entretien, s'ajoutant aux réticences relatives au coût de tels systèmes.
Dans l'ensemble des pays étudiés, on constate que la majorité des architectes s'intéressent peu à la problématique de la ventilation, et voient la VMC double flux comme une source potentielle de problèmes, ces systèmes étant coûteux, parfois bruyants et complexes à intégrer dans le bâti (passage des câbles, faux-plafonds). Malgré les campagnes de communication, le niveau d'information des utilisateurs finaux reste faible, car la pollution de l'air intérieur est un phénomène qui « ne se voit pas », et le grand public ne fait généralement pas le lien entre l'apparition de moisissures et la mauvaise qualité de l'air intérieur.

Perspectives

Parmi les vecteurs d'amélioration de la qualité de l'air intérieur, figurent les certifications volontaires de bâtiments durables. Qu'elles soient internationales (BREEAM, LEED, HQE, DGNB…) ou nationales (Klima activ en Autriche…), elles prennent en compte la santé et le bien-être des occupants, à travers des critères de confort thermique, de bruit, d'éclairage et de pollution intérieure, grâce à des mesures des COV entre la fin de la construction et le début de l'occupation des lieux. Toutefois, ces certifications concernent pour l'essentiel les marchés tertiaires. Des progrès sont attendus du côté de l'innovation industrielle, grâce à des procédés qui simplifient l'installation des systèmes de ventilation (réseaux aérauliques étanches et faciles à installer, produits à raccord rapide…) et réduisent les coûts d'utilisation.
Les fabricants travaillent aussi à des solutions de ventilation hybrides, qui combinent ventilation double flux avec récupération de chaleur de l'air extrait en hiver, ventilation naturelle par ouverture automatisée des ouvrants en été, et association des deux modes de ventilation pour optimiser la qualité de l'air et le confort en saison intermédiaire. Enfin, les progrès de la domotique permettront bientôt d'informer les usagers, chez eux ou directement sur leur smartphone, de la qualité de l'air intérieur en indiquant par exemple le taux d'humidité ou de CO2, et de piloter les systèmes de ventilation à partir de ces indicateurs. Du côté des matériaux et produits de construction, les industriels développent des solutions moins nocives pour l'environnement et proposent des produits innovants, qui « absorbent » les polluants de l'air intérieur. Chez nos voisins européens, sous l'effet conjugué du renforcement des réglementations thermiques et de l'amélioration des produits, la ventilation mécanique avec récupération de chaleur est ainsi susceptible de se généraliser dans le neuf. Avec des progrès à la clé en matière de qualité de l'air intérieur, sous réserve que la filière se dote des outils nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. En effet, on constate que de façon générale les maîtres d'ouvrage ne prennent pas suffisamment en compte la ventilation.
La définition d'un lot ventilation à part entière pourrait mieux garantir à la fois les performances et la qualité de l'installation. Une telle pratique permettrait d'impliquer l'ensemble des acteurs de la chaîne, depuis la conception qui garantit le bon dimensionnement des installations, en passant par la pose et le contrôle des installations, jusqu'à la maintenance à laquelle les utilisateurs seront associés. Bien que la qualité de l'air intérieur soit « invisible », la sensibilisation progressive du grand public devrait susciter des attentes croissantes vis-à-vis de matériaux et bâtiments « sains ». En définitive, il faudra trouver l'équilibre entre une bonne qualité de l'air intérieur et les objectifs d'efficacité énergétique dans le cadre du bâtiment durable de demain. Cela passera par le choix de matériaux et produits peu émissifs, un renouvellement d'air efficace, une maintenance simple et un confort optimal (absence de courant d'air, de bruit).

1

Étude réalisée en 2014 par le Costic et le cabinet Strategic Scout dans le cadre du Programme recherche développement métier de la FFB.

30% des logements neufs en Allemagne disposent d'une ventilation mécanique contrôlée, dont 20 % avec récupération de chaleur. La plupart des logements collectifs sont équipés de système double flux, tandis que les maisons individuelles sont généralement dotées d'un système double flux avec récupérateur de chaleur.

Alain HULARD, entreprise de génie climatique ATIEP à Benfeld (Bas-Rhin)

« Des dispositions à faire évoluer »

« Aujourd'hui, les exigences de renouvellement d'air sont fixées par des arrêtés datant de 1982 pour les bâtiments à usage d'habitation et par le RSDT (Règlement sanitaire départemental type) ou le Code du travail pour les autres bâtiments. Ces textes n'ont pas connu de révision depuis la parution des dernières réglementations thermiques, alors même que celles-ci exigent de plus en plus d'étanchéité à l'air pour les constructions.La ventilation double flux devenant un nouveau standard, les entreprises du génie climatique sont à même d'appliquer leur savoir-faire en matière de « traitement d'air » pour aboutir à une bonne étanchéité des réseaux et une parfaite prise en compte de toutes les contraintes de maintenance de ce type d'installation. Ainsi, la qualité d'air doit être indissociable de la notion de traitement d'air : débits adaptés, filtration performante et maintenue telle à l'usage, étanchéité contrôlée des réseaux, diffuseurs aisément nettoyables…
Le défi est donc double : pour un air de qualité, d'une part, il y a lieu de ne pas « maltraiter » le lot ventilation et, d'autre part, le renouvellement d'air doit assurer l'adéquation des économies d'énergie à la santé du bâtiment et de ses occupants. »

En Autriche 30 % des logements neufs sont équipés d'une ventilation mécanique contrôlée. Les maisons individuelles sont souvent dotées d'un système centralisé double flux avec récupération de chaleur ou d'unités décentralisées (3 unités en moyenne par logement). Les bâtiments labellisés passivhaus, qui représentent 10 % du parc, sont équipés d'une ventilation double flux ou de systèmes compacts.

En Suède l'installation de systèmes de ventilation à double flux a démarré dans les années 80 et se généralise dans le logement collectif.

Laurent DRUGUET, entreprise de plâtrerie, isolation et peinture DRUGUET Frères à Montrevel-en-Bresse (Ain)

« Matériaux peu émissifs : une demande marginale mais réelle »

« Même si ce sont des chantiers encore marginaux, nous recevons régulièrement des demandes de clients pour des rénovations à base de matériaux biosourcés, pour répondre à leur objectif de bâtiment sain et de qualité de l'air intérieur.
À titre d'exemple, nous avons récemment réhabilité une importante ferme transformée en habitation à Treffort-Cuisiat (Ain), en réalisant 360 m2 de plafonds et 700 m2 de cloisons avec un doublage à base de fibres de gypse, et une isolation avec un matériau composé de lin, coton et chanvre, le tout étant garanti « zéro émission polluante » pour l'intérieur du logement. Ces matériaux sont des systèmes complets comprenant bandes adhésives et enduit, et sont généralement certifiés. En finition, nous avons utilisé une peinture qui non seulement n'émet pas de polluant, mais détruit les formaldéhydes.
Nous constatons que nos clients sont de plus en plus réceptifs quand nous leur parlons de ce type de produits, mais le frein à leur diffusion reste le coût, nettement plus élevé que celui des produits conventionnels à l'achat, à quoi s'ajoute le coût d'une mise en œuvre plus délicate. Une base de données de référence serait utile pour obtenir les informations sur les matériaux peu émissifs. »

20% des logements au Royaume-Uni disposent de systèmes double flux avec récupération de chaleur, mais ce sont les systèmes simples extracteurs qui dominent (60 % du neuf).

En Espagne la réglementation impose une ventilation hybride naturelle ou une VMC simple flux.

Pour en savoir plus

FFB-DAT (Direction des affaires techniques), tél. : 01 40 69 52 67