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Bâtimétiers N° 15 - 2009 | GROS OEUVRE/STRUCTURE

MAÇONNERIE

CLOISONNER DANS LES RÈGLES DE L'ART

Pour Delphine Gremy, le nouveau NF DTU 20.13 « Cloisons en maçonnerie de petits éléments » est un progrès, parce qu'il précise les règles de l'art et permet aux maçons de circonscrire clairement les limites de leurs prestations en la matière.

Responsable de l'entreprise Gremy Sarl, implantée à Gron (Yonne), Delphine Gremy se félicite de la publication du nouveau NF DTU 20.13 « Cloisons en maçonnerie de petits éléments », norme homologuée datée d'octobre 2008. « Nous avons désormais un texte qui réunit les règles de l'art en la matière et qui sert de référence pour les maîtres d'ouvrage, les entreprises et, en cas de sinistre, les experts et les assureurs », remarque-t-elle. Le domaine d'application du NF DTU 20.13 s'étend aux cloisons d'une épaisseur maximale de 15 cm, hourdées au mortier d'usage courant, mortier-colle pour joints minces ou plâtre. Il concerne les cloisons de distribution, les cloisons séparatives non porteuses, les parois de gaines techniques et les cloisons de doublage de bâtiments réalisées en briques de terre cuite, blocs de béton de granulats courants ou béton cellulaire autoclavé.

« L'épaisseur choisie de 5, 7, 10 voire 15 cm, dépend de la performance acoustique attendue et des éléments techniques qui doivent passer par la cloison. L'électricien et le plombier chauffagiste doivent pouvoir y incorporer leurs gaines électriques et leurs canalisations », ajoute Delphine Gremy. Sur le plan du dimensionnement, le NF DTU 20.13 prévoit que les cloisons doivent avoir une hauteur maximale de 4 m (exception faite de certains produits sous Avis technique).

Dans ce cas, l'épaisseur doit être de 8 à 11 cm pour la brique de terre cuite et le béton de granulats courants ; de 15 cm pour le béton cellulaire autoclavé. Il s'agit d'une prescription qui ne pose généralement pas de problème en maison individuelle ou petit locatif, où la hauteur sous plafond se situe entre 2,50 et 3 m. Le texte prévoit aussi une surface maximale entre les raidisseurs, par exemple 25 m² pour une cloison en brique de terre cuite de 8 à 11 cm d'épaisseur. « Les surfaces totales des cloisons que nous réalisons sont en général inférieures en maison individuelle ou petit locatif, ce qui fait que nous n'avons pas besoin de mettre en œuvre des raidisseurs », explique Delphine Gremy.

Bien réaliser les liaisons en pied et en tête

Pour ce qui est du raccordement avec le sol, le NF DTU 20.13 prévoit que la cloison peut être désolidarisée en pied ou non. Dans le premier cas, la cloison est désolidarisée en pied en utilisant une bande de désolidarisation fixée sur le sol avant le montage de la cloison. Cette bande doit être d'une largeur supérieure ou égale à celle de la cloison finie, son épaisseur minimale étant d'au moins 10 mm si elle est utilisée en semelle ; de 5 mm si elle est utilisée à la fois en semelle et en lisse. Dans le second cas, la première assise des éléments est posée directement sur le sol et la jonction doit être réalisée avec le même produit que le hourdage. « Sur ce point, je dois dire que nous réalisons presque toujours des cloisons désolidarisées en pied, avec une bande résiliente, posées sur le dallage porteur, commente Delphine Gremy. Dans nos constructions, il y a le plus souvent un plancher chauffant, qui implique la pose d'un isolant au sol et la réalisation d'une chape liquide, un ensemble de 12 cm d'épaisseur dans lequel le pied de la cloison se retrouve encastré. Dans ce cas, la cloison est aussi désolidarisée verticalement par une bande compressible de 5 mm, posée en périphérie de la pièce entre la chape et la cloison, qui permet à la chape de se dilater sans fissurer. » Pour les cloisons des locaux humides, le NF DTU 20.13 prescrit des protections en pied de paroi dans le cas où les Documents particuliers du marché (DPM) précisent qu'une éventuelle migration d'eau est préjudiciable au revêtement de la face opposée de la cloison : soit un socle en béton doit dépasser d'au moins 20 mm le niveau du sol fini sur lequel reposera la cloison, soit il faut prévoir une protection en équerre du côté humide.

Désolidariser la cloison en tête

Pour Delphine Gremy, la cloison doit toujours être désolidarisée en tête : « Il ne faut jamais bloquer une cloison non porteuse en tête, parce qu'elle va subir les dilatations verticales et transversales des planchers et des murs, avec un risque de fissuration. » Elle ajoute qu'il faut d'abord réaliser le faux plafond et ensuite monter la cloison au ras, puis réunir esthétiquement les deux éléments conformément au DTU : la bande de désolidarisation doit être d'une largeur égale à l'épaisseur de la cloison finie et peut être réalisée par un ensemble mousse expansive et couvre-joints (la réalisation de cloisons non désolidarisées en tête est également visée dans le DTU, en fonction du matériau utilisé). Dans le cas particulier des cloisons réalisées sous toiture-terrasse non isolée, la cloison doit être désolidarisée de l'ossature par une bande de désolidarisation posée en partie haute et sur les parties latérales, afin de s'adapter aux déformations thermiques du gros œuvre.

Un ouvrage à inclure dans le lot maçonnerie

Les tolérances énoncées par le NF DTU 20.13 sont identiques à celles de la maçonnerie courante : 1,5 cm pour la planéité d'ensemble rapportée à la règle de 2 m pour les briques de terre cuite et les blocs de béton de granulats courants à enduire. Cette tolérance descend en revanche à 0,7 cm sous la règle de 2 m pour les blocs de béton cellulaire autoclavé à enduire.

Delphine Gremy constate que les cloisons en maçonnerie sont demandées par les clients, qui la choisissent pour leur robustesse et permettent de réaliser des séparations intérieures avec le même mode constructif que l'enveloppe : cela donne une unité à la maison ou au bâtiment, intéressante notamment en termes d'étanchéité. D'autre part, une finition « enduits » appliquée sur ces cloisons rend la maison habitable dès la livraison, grâce à un choix très important de teintes et d'aspects de finitions. Un travail qui peut être intégralement réalisé par les maçons ou les enduiseurs-façadiers, grâce aux enduits aujourd'hui disponibles. Enfin, la partie 2 du nouveau DTU (Cahier des clauses administratives spéciales types), et particulièrement son article 3 (Consistance des travaux objets du marché), permet aux maçons de définir clairement les travaux faisant partie de leur marché et donc de circonscrire leur responsabilité sur le chantier.

Pour en savoir plus

- FFB- UMGO (Union de la maçonnerie et du gros œuvre), tél. : 01 40 69 51 59, www.umgo.ffbatiment.fr

- UMPI- FFB (Union des métiers du plâtre et de l'isolation), tél. : 01 40 69 52 14, www.umpi.ffbatiment.fr