Sécheresse - pas d’eau, pas de permis de construire

L’an dernier, en raison de la sécheresse, plusieurs mairies ont décidé d’un gel des permis de construire. Un premier refus de permis, qui a suivi, a été attaqué et la justice vient de trancher. Un tribunal administratif confirme la validité du refus, au motif d’une insuffisance de la ressource en eau. Cette décision inédite ouvre la voie à d’autres refus dans les zones de grande sécheresse.
8:0527/03/2024
Rédigé par FFB Nationale
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Batiment Actualité Numéro 6 | avril 2024

La France connaît des épisodes de sécheresse de plus en plus précoces et de plus en plus intenses. Certaines communes sont particulièrement touchées, ce qui a poussé plusieurs élus du Var à décréter qu’ils ne délivreraient plus de permis de construire pendant cinq ans.

 

 

Ainsi, par un arrêté du 3 février 2023, le maire de Fayence a refusé d’attribuer un permis de construire concernant un immeuble de cinq logements, sur une parcelle classée à urbaniser et desservie par le réseau public d’eau potable. Ce refus a notamment été justifié par les effets de ce projet sur la ressource en eau, dont la faible capacité serait de nature à faire porter un risque pour la santé et la salubrité publiques.

 

 

Dans une décision inédite, rendue le 23 février, le tribunal administratif de Toulon 1 a confirmé ce refus de permis. Les juges retiennent que l’insuffisance avérée de la ressource en eau dans cette commune expose les futurs occupants de la construction en cause et tous les usagers du réseau de distribution à un risque, ce qui constitue une atteinte à la salubrité publique au titre de l’article R. 111-2 du Code de l’urbanisme.

 

 

Sous réserve de la position de la cour d’appel, voire du Conseil d’État, si cette décision du tribunal administratif est contestée par le pétitionnaire, ce jugement ouvre la voie à d’autres refus dans les zones de grande sécheresse.

Certes, cet appauvrissement en eau peut s’expliquer par le dérèglement climatique, mais pas uniquement. Le déficit d’investissement des collectivités locales et de l’État, pour maintenir les réseaux d’eau en bon état et pour en créer de nouveaux plus modernes, joue également un rôle considérable.

 

Le président de la République l’a reconnu, le 30 mars 2023, à Savines-le-Lac, en faisant du « plan eau », l’une des priorités de la planification écologique du gouvernement.

 

Près de 1 milliard de mètres cubes d’eau potable s'échappent par des fuites sur le réseau de distribution français. La FFB milite pour que les pouvoirs publics engagent les investissements nécessaires à sa remise en état.

 

Selon le gouvernement, 20 % de l’eau potable produite en France s’échappe chaque année par des fuites sur le réseau (ce qui équivaut à près d’un milliard de mètres cubes d’eau potable) et 170 collectivités sont qualifiées de « points noirs » avec des taux de fuites supérieurs à 50 %.

 

Une situation écologique bien peu vertueuse et pénalisante pour certains secteurs économiques et pour la réponse aux besoins en logements.

 

  1. 23 février 2024, n° 2302433.

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