Avec la montée des besoins en rénovation énergétique des bâtiments, un nombre croissant d’entreprises, le plus souvent de peinture et des métiers du neuf et de la rénovation en façade, se sont positionnées sur l’isolation thermique par l’extérieur (ITE). Mais, jusqu’à présent, il n’existait pas de formation diplômante spécifique à ce type d’ouvrages, qui était traité en trois heures seulement dans le brevet professionnel (BP) Peintre applicateur de revêtements.
Cette lacune est désormais comblée avec la création d’un certificat de spécialisation – le nouveau nom des « mentions complémentaires » – « Façadier itéiste » en filière humide, élaboré par un groupe de travail comprenant notamment l’UPMF-FFB, l’UNEEF-FFB, l’OPPBTP et les CFA, sous l’égide de l’Éducation nationale qui l’a intégré à son offre de formation.
« Il s’agit d’une avancée très importante pour notre profession, car jusqu’à présent nos salariés étaient formés sur le terrain ou chez les industriels, commente Jean-Louis Licoine, dirigeant de la Façade du Beauvaisis, implantée à Beauvais (Oise). Nous disposons désormais d’un diplôme qui valorise leur métier, tire les compétences vers le haut et va permettre aux chefs d’entreprise de recruter des profils formés spécifiquement à l’ITE. »
Ce diplôme s’adresse aux titulaires d’un BP Peintre applicateur de revêtements ou d’un BP Maçon qui, en passant ce certificat de spécialisation comprenant 400 heures de formation réparties sur une année dont deux stages en entreprises, pourront s’orienter vers le métier de l’ITE, où les besoins sont importants et les salaires attractifs. Il s’agit d’un diplôme de niveau 4 destiné à former des chefs de chantier ou artisans en devenir, qui peuvent travailler en autonomie et endosser la responsabilité de l’ensemble du chantier, y compris la gestion des interfaces avec les autres métiers.
Très complet, ce référentiel comprend notamment un volet sur la reconnaissance du support, le choix du bon produit pour la bonne surface, ainsi que le traitement des points singuliers, comme le déplacement des volets, la prise en compte d’une descente d’eau pluviale, d’un garde-corps ou d’un robinet existant sur la façade.
Il comprend aussi un volet prévention et sécurité conçu avec l’OPPBTP, qui recouvre par exemple le travail en hauteur ou à proximité d’une ligne électrique, ainsi qu’un volet environnemental avec le tri des déchets ou la préconisation d’outils comme le fil chaud ou la ponceuse avec aspirateur pour l’usinage des isolants, dans le but de réduire la production de déchets sur le chantier. La première session d’examen devrait avoir lieu mi-2027.