Une enveloppe à l’épreuve de la haute montagne

Pour répondre aux conditions extrêmes de sismicité, de températures, d’efforts au vent et à la neige rencontrées à 3.200 m d’altitude, l’entreprise d’étanchéité et de bardage SMAC a conçu et mis en œuvre des ouvrages hors normes, validés par des essais effectués au CSTB.
13:3519/06/2026
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Bâtimétiers Numéro 83 | juin 2026

Depuis janvier 2025, un nouveau bâtiment au design très contemporain trône au sommet du téléphérique de la Cime-Caron, le point culminant de la station de ski de Val Thorens en Savoie, à 3 200 m d’altitude. Les chanceux vacanciers et touristes peuvent profiter de ce nouveau complexe panoramique qui comprend un restaurant avec terrasse, un bar à vin et une boutique de souvenirs. Mais, étant donné les nombreuses contraintes liées à l’altitude, sa construction n’a pas été une mince affaire.

 

Consultée par le maître d’ouvrage, la Société d’exploitation des téléphériques de Tarentaise-Maurienne (SETAM), pour la réalisation du lot étanchéité, façade et mur-rideau, SMAC, une entreprise spécialisée dans l’étanchéité et le bardage en France, où elle compte 61 établissements, et à l’international, comprend très vite que les ouvrages décrits dans le CCTP ne pourront pas répondre aux contraintes extrêmes du site : « La zone de sismicité 3, des températures variant de – 25 °C à + 40 °C, des efforts au vent de 300 daN/m2, le tout associé à la réglementation des ERP, nous ont amenés à formuler une réponse tout à fait spécifique pour ce marché hors du commun », explique Benjamin Krosnicki, chargé d’études de prix chez SMAC. Convaincues par cette analyse, la SETAM et la maîtrise d’œuvre ont fait confiance à l’entreprise pour la conception des ouvrages d’étanchéité et de façade, à condition de respecter le design du bâtiment, composé de 400 cassettes en inox, et signé Studio Arch.

 

La solution technique élaborée pour les façades de ce bâtiment en charpente métallique par le bureau d’études de SMAC est aussi atypique que le site pouvait l’exiger : elle se compose d’un premier plateau en bardage rempli d’isolant, recouvert d’un pare-pluie et d’un pare-air pour garantir l’étanchéité à l’air, et pour finir d’un pare-pluie métallique, le tout étant recouvert par des cassettes en inox fixées sur une ossature secondaire.

 

« Un tel ouvrage ne fait pas partie du domaine traditionnel, et d’ailleurs les NF DTU et Avis techniques ont un domaine d’application qui s’arrête à 2 000 m d’altitude, ajoute Benjamin Krosnicki. Les procédés mis en œuvre ont été soumis au CSTB à des essais parasismiques pour la résistance au cisaillement, et en soufflerie pour la résistance au vent, qui ont permis de les valider. » Pour respecter le parfait calepinage des façades, certaines cassettes en inox ont fait l’objet d’une prise de cote in situ. En toiture, sur l’édicule du bâtiment, la SMAC a réalisé une étanchéité de type « sarking » sur support bois avec une toiture isolée en zinc à joints debout, un procédé couramment mis en œuvre en haute montagne.

 

Quant à la terrasse, accessible au public, elle se compose d’une isolation en Foamglas sur support bois, sur laquelle on a réalisé une structure métallique qui supporte un platelage en bois de mélèze renforcé, lequel peut supporter d’énormes contraintes de neige (800 daN/m2). 

La logistique a été à elle seule un défi d’envergure, qui a exigé un « chantier dans le chantier » : acheminés par camions classiques jusqu’à la limite de la route asphaltée, les matériaux ont poursuivi leur chemin sur des poids lourds tout-terrain, pour être chargés sur une plateforme suspendue sous le téléphérique, et hissés jusqu’à la Cime-Caron. Arrivés au sommet, ils ont été déchargés par une pelleteuse, qui les a amenés jusqu’au pied de la grue de chantier avant de pouvoir être acheminés à pied d’œuvre.

 

« Les matériaux ont été chargés et déchargés six fois avant d’arriver sur le chantier, conclut Benjamin Krosnicki, et les conditions climatiques ont parfois été dantesques. Je rends hommage à nos compagnons, qui ont travaillé dans la neige et le vent, jusqu’à dégeler les machines et enlever les stalactites sur les engins. » Nous leur devons la somptueuse vue panoramique sur la vallée de la Maurienne.


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