Isolation thermique extérieure par enduit sur isolant Les règles de l’art évoluent

Isolants supplémentaires, nouvelles règles concernant le mur support, la fixation, la pose en sous-face ou encore les départs : les évolutions contenues dans la version V4 du CPT 3035(1) apportent de nombreuses solutions aux problématiques rencontrées dans la mise en œuvre des systèmes d’isolation thermique sous enduit (Etics).
13:3619/06/2026
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Bâtimétiers Numéro 83 | juin 2026

Les systèmes d’isolation thermique extérieure (ITE) par enduit sur isolant, réalisés sur un support en béton ou maçonnerie, sont soumis au régime des Avis techniques ou documents techniques d’application (DTA) du fabricant, et au CPT 3035, qui précise les dispositions communes à tous les systèmes, ce qui garantit leur bonne mise en œuvre et leur assurabilité.

 

Succédant à la V3 de 2018, la V4 de ce CPT, dont la publication est prévue pour juin 2026, apporte de nombreuses nouveautés, à commencer par l’intégration de l’ensemble des isolants utilisés en ITE sous enduit – la laine minérale, la fibre de bois et la mousse phénolique – qui viennent s’ajouter au PSE, tous ces systèmes ne devant pas excéder 300 mm d’épaisseur. Pour les fixations, le texte intègre les chevilles hélicoïdales et, dans de rares cas, les pisto-scellements sous Avis technique, mais pour la laine minérale, la fibre de bois et la mousse phénolique, seule la fixation calée-chevillée est autorisée, en neuf comme en rénovation.

 

« Il est désormais possible de poser les panneaux à la fois horizontalement et verticalement, ce qui permet d’optimiser le calepinage de la façade et de réduire les déchets », commente David Rivas, dirigeant de Rivas SAS, spécialisée dans l’ITE à Trégueux (Côtes-d’Armor). Autre règle nouvelle, l’espace entre panneaux isolants est réduit à 5 mm (au lieu de 10 mm), à remplir à la mousse PU ou avec une pièce du même isolant à découper, de façon ponctuelle entre 5 et 10 mm.

 

Le double panneautage est possible avec tous les isolants, sauf la fibre de bois, et la règle du « deux tiers – un tiers » n’est plus obligatoire. En contrepartie, l’épaisseur d’isolant la plus proche de la surface externe doit être obligatoirement chevillée, et le système conforme à la résistance au vent requise.

Mur support et pose

 

En ce qui concerne le mur support, l’écart de planéité maximal reste de 5 mm pour les systèmes collés en plein (PSE gris ou blanc uniquement). Pour les systèmes calés-chevillés, les exigences sont alignées sur les tolérances des DTU Gros œuvre (NF DTU 21 et 23.1) : l’écart de planéité maximal passe à 15 mm sous la règle de 2 m (au lieu de 10 mm), ce qui peut générer une consommation de colle supérieure à celle des supports parfaitement plans des Avis techniques.

 

Un diagnostic amiante doit être réalisé pour les bâtiments construits avant 1997. La densité minimale de 12 plots de colle par mètre carré, en calage comme en collage, équivalente à 9 plots pour un panneau de 1 200 mm × 600 mm, reste inchangée, mais le collage par plots sans chevilles, uniquement pour le PSE blanc, n’est plus autorisé. Les mises en œuvre sans chevillage, qui ne concernent que le PSE blanc, imposent désormais un mode de collage soit en plein, soit en boudin périphérique avec plots au centre, un changement susceptible d’augmenter également la consommation de colle. Pour le PSE gris, la quantité de deux chevilles obligatoires par panneau est conservée.

 

Pour les linteaux et les tableaux de baies, le collage en plein sans cheville est autorisé quel que soit l’isolant, et le décapage des revêtements organiques au niveau des tableaux et linteaux avant collage n’est pas obligatoire. Rappels importants : un boudin de colle continu doit être réalisé sur le rail de départ, tous les deux niveaux et en haut de mur, pour éviter les lames d’air parasites ; et les profilés de départ ne doivent pas être posés en butée dans les cales de 3 mm, autrement dit il faut laisser du jeu pour la dilatation.


Pose en sous-face et départs

 

La pose d’ITE en sous-face de plancher est intégrée au CPT, à condition d’ajouter le poids du système aux charges de vent (par exemple, un poids de 25 kg/m2 correspond à + 250 Pa). Concrètement, l’ajout d’une cheville par mètre carré permet de satisfaire à cette exigence dans la plupart des cas. Plusieurs points de vigilance sont à signaler : pour les bâtiments soumis à la réglementation incendie, la sous-face est réalisée avec de la laine de roche, conformément au guide de préconisations Etics-PSE version 2.0 de septembre 2020.

 

Enfin, concernant les départs, le CPT précise que, sur sols durs avec pente, une distance minimum de 10 mm doit être respectée en PSE, tandis que la pose à même le sol avec juste une mousse imprégnée n’est plus possible. En pied de façade, l’usage du profilé de départ est généralisé, mais le démarrage est possible à un mètre du sol ou au-dessus sans rail de départ. Pour plus de clarté, la notion de « sols durs avec pente » est simplifiée, couvrant indistinctement tout type de sol dur (terrasse, balcon, trottoir, etc.), de même que la notion de « plinthe » (carreaux céramique collés sur sous-enduit, ou enduit imperméable avec peinture).

 

« En définitive, le CPT 3035 V4 ne révolutionne pas les règles de mise en œuvre, mais il apporte un grand nombre de schémas de principe qui permettent une mise en œuvre rigoureuse dans tous les cas de figure rencontrés », résume David Rivas. Dès sa publication, une période de transition sera tolérée, permettant aux chantiers commencés avec le CPT 3035 V3 de continuer avec cette version du texte.

Le point sur les réglementations vent et sismique

 

Les anciennes règles NV65 étant obsolètes, le dimensionnement du chevillage au vent s’appuie dorénavant uniquement sur les Eurocodes et le CPT 3749. Enfin, le rappel du cadre sismique reste inchangé avec un point de vigilance. En rénovation, sur un bâtiment sans performance sismique déclarée et n’ayant pas fait l’objet d’une modification notable de la surface habitable, il n’y a pas d’exigences sismiques pour l’Etics réalisé. Un bureau de contrôle peut néanmoins demander un Etics conforme à la réglementation sismique, ce qui doit donner lieu à un chiffrage avant les travaux.


  1. Cahiers de prescriptions techniques (CPT) : fournissent des spécifications communes pour des produits ou procédés non normalisés bénéficiant d’un Avis technique (AT) ou d’un document technique d’application (DTA).

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