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Bâtimétiers N° 17 - 2009 | FINITIONS/AMÉNAGEMENT

LES CARREAUX GRAND FORMAT RENTRENT DANS LE RANG

Avec la publication d'un Cahier de prescriptions techniques (CPT) qui leur est entièrement consacré, les carreaux céramiques grand format bénéficient désormais d'un cadre. Décryptage d'un texte attendu par les carreleurs.

Les carrelages grand format sont à la mode, il suffit d'ouvrir un magazine de décoration pour s'en apercevoir. Problème : jusqu'à présent, il n'était pas possible de les mettre en œuvre sans risque, car ces produits n'étaient pas pris en compte dans les textes de référence. Ces derniers ne s'intéressent en effet qu'aux carreaux de superficie inférieure à 3 600 cm², soit un format maximal de 60 x 60 cm. Avec la publication imminente du Cahier de prescriptions techniques (CPT) d'exécution qui leur est entièrement consacré, les carreaux grand format vont être encadrés par des règles précises. Lesquelles s'intéressent à la fois aux caractéristiques des produits et à leur mise en œuvre. Dans le même temps, les fabricants se sont engagés à modifier leurs produits pour les rendre compatibles avec les caractéristiques décrites dans le CPT (voir encadré).

Limites dimensionnelles

Concrètement, le CPT « Sols grands formats » fixe les conditions générales d'exécution des revêtements de sols intérieurs en carreaux céramiques de grand format collés au moyen de mortiers-colles dans les locaux P3 au plus, en travaux neufs. Travaux réalisés dans des espaces sans siphon de sols pour des locaux d'habitation, des bureaux ou des établissements recevant du public (ERP). Et ce, en France métropolitaine ou dans certains départements d'outre-mer - Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion. Ces carreaux devront répondre aux exigences de la certification NF UPEC (Cahier 3659), c'est-à-dire présenter un écart maximal de 1,4 mm entre la courbure centrale, la courbure latérale et le voile. Ils seront collés au moyen de mortiers-colles de classe C2-S1/S2 bénéficiant d'un certificat « certifié CSTB certified ». Leurs limites dimensionnelles sont également fixées. Sont considérés de grand format les carreaux ayant une surface supérieure à 3 600 cm² dans la limite de 10 000 cm². Ils ne peuvent avoir des dimensions supérieures à 120 cm. De plus, l'élancement des carreaux, c'est-à-dire le rapport longueur sur largeur, est limité à trois.

Définition des supports

Le CPT définit aussi les supports admissibles, lesquels font l'objet de tolérances spécifiques, différentes de celles communément admises. Ainsi, la pose collée de carreaux céramiques de grand format n'est admise que si la tolérance de planéité du support est inférieure ou égale à 3 mm sous une règle de 2 m et 1 mm sous une règle de 0,20 m. Important en cas de litige : ces exigences de planéité doivent obligatoirement figurer dans les documents particuliers du marché (DPM). Compte tenu des exigences de planéité demandées, le CPT impose, lors de la mise en œuvre, un ouvrage d'interposition sur la structure porteuse. Le document prévoit deux options : soit la réalisation d'une chape fluide à base de ciment ou de sulfate de calcium faisant l'objet d'un Avis technique (AT) ou d'un document technique d'application (DTA), soit la réalisation par l'entreprise de carrelage d'une chape désolidarisée ou flottante conforme au NF DTU 26.2 (NF P 14-201). De ce fait, il est nécessaire de prévoir dès la conception une hauteur de réservation suffisante.

La structure porteuse, qu'il s'agisse de dallage sur terre-plein (NF DTU 13.3), de plancher dalle (NF DTU 21), de plancher béton coulé sur bacs collaborants ou de tout autre système à base de ciment, devra obligatoirement être réalisée conformément à la norme DTU, au CPT, aux Avis techniques ou règles professionnelles correspondant à chaque cas. Quoi qu'il en soit, le DPM impose que le plancher soit conçu au choix avec une flèche limite active du plancher inférieure ou égale à f1 telle que définie dans le CPT « Plancher 1 »(1), ou bien avec continuité sur appuis lorsque la pose est prévue sur plusieurs travées.

La pose de carreaux grand format sur planchers chauffants à eau chaude basse température est autorisée par le CPT avec les systèmes utilisant des canalisations en matériaux de synthèse de classe 2 ou de classe 0 et avec des tubes métalliques en acier ou en cuivre. Les conditions générales d'exécution, d'essai et de réception de ces planchers chauffants doivent répondre aux dispositions du NF DTU 65.14 partie 1 « Exécution de planchers chauffants à eau chaude » concernant le type C. La pose sur plancher réversible, elle, n'est pas possible ; les planchers de type C ne permettant pas en effet de respecter l'exigence de limiter la masse surfacique au-dessus de l'isolant à 160 kg/m².

Règles de mise en œuvre

Autre point d'importance défini par le texte, la mise en œuvre. Règle de base : pose en double encollage avec un mortier-colle à consistance normale ou en simple encollage avec un mortier-colle fluide. Ce, à l'aide de spatules 8 x 10 x 20 ou demi-lune 20, en respectant une consommation de 8 kg/m2. La pose s'effectue à joints alignés avec des joints de 5 mm de large au minimum pour les carreaux UPEC P2-P3. Important : les carreaux doivent être positionnés à la ventouse par deux carreleurs, puis battus ou pressés fortement ou vibrés de manière à écraser les sillons de colle sur au moins 70 % de la surface. Enfin, le respect de la désolidarisation périphérique est impératif : mise en œuvre d'une bande compressible de 5 mm d'épaisseur minimale en cas de plancher chauffant et de 3 mm minimum dans tous les autres cas.

(1) f1 = l/500 si l %26amp;le; 5,00 m ; 0,5 cm + l/1000 si l %3E 5,00 m ; l étant la portée du plancher.

« Maintenant, on devrait pouvoir poser ces produits »

Jacques Vinet, groupe Vinet

« Jusqu'ici, nous avions toujours refusé de poser des carreaux ayant une dimension au-delà de 60 x 60 cm et de modifier nos normes DTU et les textes de mise en œuvre. Carreaux qui, de notre point de vue, étaient imposables car la norme, notamment en termes de planéité du carreau (± 0,5 % de tolérance), n'était pas adaptée. C'était un frein à l'expansion de ce marché qui reste confidentiel mais devrait se développer compte tenu des évolutions. Aujourd'hui, les fabricants ont décidé de modifier leurs produits. Ils se sont engagés à fabriquer des carreaux avec une flèche maximale de 1,4 mm. Ce qui implique que sur un carreau de 120 cm, la flèche ne pourra pas être supérieure à 1,4 mm. Nous avons fait une demande au niveau européen pour que tous les fabricants s'engagent dans cette voie. Pour pouvoir prendre en compte ces carrelages grand format, il va falloir que leur planéité soit vérifiée. C'est pourquoi, parallèlement à ces travaux, a été révisé le Cahier 3515 du classement UPEC. De même pour leur pose dans les règles, et donc sans malfaçons, il a été nécessaire de modifier les caractéristiques de planéité du support. C'est ce que précise le CPT « Sols grands formats ». Ainsi pour ce type de carreau, la tolérance de planéité a été fixée à 3 mm sous une règle de 2 m. Au-delà, le carreleur devra refuser le support. Aussi est-il essentiel que ces exigences de planéité figurent dans les Documents particuliers du marché. Avec ces aménagements, on devrait pouvoir maintenant poser ces produits. De mon point de vue, mieux vaut les poser à joints droits. Si les carreaux ont une flèche, celle-ci ne se voit pas avec cette méthode. Ce qui n'est pas le cas avec une pose à joints décalés, où la flèche est visible. »

Pour en savoir plus

UNECB-FFB (Union nationale des entrepreneurs céramistes du bâtiment), tél. : 01 40 69 58 20, www.unecb.ffbatiment.fr