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Bâtimétiers N° 24 - 2011 | FINITIONS/AMÉNAGEMENT

UN ENDUIT QUI SE DESSINE PIERRE PAR PIERRE

Il existe aujourd'hui des enduits décoratifs qui, associés à une mise en œuvre spécifique, imitent parfaitement les différents types de pierre, en application sur les murs intérieurs. Une niche de marché en développement, qui exige professionnalisme et sens esthétique de la part des enduiseurs.

Cela ressemble à de la pierre véritable à s'y tromper... et c'est pourtant bien de l'enduit ! Schiste, calcaire, moellon, tuffeau, jusqu'à la brique, la pierre de taille et même les colombages : tous les décors minéraux ainsi que le bois peuvent être imités avec un grand réalisme. C'est ce résultat « bluffant » qui a décidé Jackie Fronteau à se lancer dans l'aventure. Après une première expérience dans le revêtement de sol, il a créé en 2006 Ston'Art. Implantée à La Crèche dans les Deux-Sèvres, cette entreprise spécialisée dans les enduits intérieurs et extérieurs décoratifs, dont il est le gérant, emploie aujourd'hui dix-sept salariés. « Nous avons constaté un véritable engouement pour ce type d'enduit décoratif, dans la tendance générale en faveur des matériaux "naturels ", explique-t-il. Surtout, ce type de procédé permet d'obtenir un décor de pierre - pour un budget inférieur à la pierre véritable - même quand on a choisi de construire sa maison en maçonnerie ou en béton. » La mise en œuvre de ce type d'enduit demande d'une part des matières premières, c'est-à-dire un enduit à base de chaux et de granulat de calcaire calibré, ainsi que des pigments, et d'autre part un savoir-faire qui permet d'optimiser le parti décoratif que l'on peut tirer de l'enduit. L'activité de son entreprise s'étend aujourd'hui sur cinq départements du Grand Ouest : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, Deux-Sèvres et Vienne. Attention toutefois, réaliser des enduits décoratifs ne s'improvise pas : « Je suis associé avec mon frère Didier, qui est carreleur mosaïste à l'origine, et qui a été formé spécifiquement, ajoute-t-il. Il est depuis devenu notre directeur technique, c'est lui qui a formé tous nos compagnons et il continue d'intervenir sur les chantiers où il y a une difficulté technique. »

Connaissance technique et talent de décorateur

Le chantier d'enduit intérieur commence toujours par une reconnaissance du support, qui doit être sain, que l'on soit sur du neuf ou sur de l'ancien. Ce type de procédé peut s'appliquer sur des plaques de plâtre, sur du béton ou sur un enduit existant, sur lequel on appliquera un primaire d'accrochage ou une colle d'accrochage en cas de nécessité, voire une trame ou un grillage métallique quand le support est très dégradé. Il faut auparavant protéger soigneusement tout le reste de la pièce - sols et plafonds, portes et fenêtres, meubles... La première partie du chantier relève du savoir-faire classique de l'enduiseur : l'enduit, industriel, est fourni en sacs de 25 kilos, proposé en trois épaisseurs de grain différentes, et doit être mélangé avec de l'eau, malaxé selon les prescriptions du fabricant, puis projeté à la machine sur les surfaces à décorer, avec une épaisseur de 2 cm environ. Les étapes suivantes font davantage appel au décorateur, car on vient travailler le relief et la pigmentation de l'enduit, en fonction de la pierre à imiter et de la coloration claire ou foncée que l'on veut donner aux joints. Tandis que l'enduit commence à durcir, on procède à la partie la plus délicate, à savoir le dessin original et la taille qui doit imiter la pierre : « La réalisation de ce dessin exige une réelle formation des compagnons, commente Jackie Fronteau, et même un certain talent. Il s'agit en effet de réaliser un dessin à main levée, ce qui demande un vrai sens esthétique pour obtenir un ensemble harmonieux, dans un temps limité. Une expérience d'une ou deux années n'est pas de trop. » L'ensemble de ces opérations peut être réalisé dans la journée, et la pièce décorée est restituée avec ordre et propreté le soir même à ses occupants.

Une technique adaptée aux façades extérieures

Comme l'explique l'entrepreneur, le profil type du client intéressé par un tel enduit décoratif est le propriétaire qui veut donner davantage de cachet à sa maison individuelle, en habillant d'un décor pierre un mur majeur de la pièce à vivre, où il reçoit ses invités. Mais le client peut aussi vouloir refaire toute une pièce : il faut alors le dissuader de décorer l'ensemble en imitation pierre, ce qui sera surchargé, et le diriger pour les autres murs vers des enduits décoratifs complémentaires, imitant par exemple un textile ou un papier japonais.

Cette technique s'applique également sur les façades extérieures, ce qui représente 70 % de l'activité de Ston'Art - l'entreprise a d'ailleurs utilisé récemment une formule spécialement conçue pour recouvrir les façades traitées en isolation thermique par l'extérieur (ITE). Les enduits décoratifs présentent en effet les propriétés de perméabilité à l'air et d'imperméabilité à l'eau de la chaux. Pour les travaux extérieurs, l'entreprise applique les règles de l'art définies dans le DTU 26.1 « Travaux d'enduits de mortier », ce qui lui permet d'offrir à ses clients une garantie décennale sur les travaux réalisés.

Quoi qu'il en soit, les enduits décoratifs constituent pour Jackie Fronteau une niche de marché dynamique, à condition de s'y investir - quatre commerciaux arpentent pour son compte les cinq départements où il a positionné son activité - et de respecter l'ensemble des contraintes de mise en œuvre. L'étude qu'il a réalisée sur le millier de chantiers à son actif a révélé un taux de satisfaction de sa clientèle supérieur à 90 %. « Il s'agit aussi d'un travail gratifiant et valorisant, que mes compagnons n'échangeraient pour rien au monde, conclut-il. Chaque décor métamorphose la pièce ou la façade, et chaque type de pierre inédit à imiter est un nouveau défi. » Un potentiel décoratif que les enduiseurs auraient bien tort de négliger.

Pour en savoir plus

UNEEF-FFB (Union des entrepreneurs enduiseurs de façades), tél. : 01 40 69 51 69