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Bâtimétiers N° 32 - 2013 | ENVIRONNEMENT

Plâtre

Le recyclage s'organise

De 20 % aujourd'hui, le taux de recyclage des déchets de plâtre devra atteindre 70 % en 2020. Avec l'appui des industriels, les filières de collecte sur les chantiers et de traitement se développent.

Depuis la mise en place en 2008 d'une démarche volontaire de recyclage des déchets de plâtre par le Syndicat des industries du plâtre, le tonnage de déchets effectivement collectés et réintroduits dans le circuit de fabrication est passé de 10 000 à 50 000 tonnes. C'est la prise de conscience de toute la filière, et singulièrement celle des entreprises de bâtiment, qui a permis d'atteindre ce résultat significatif. Il reste cependant un long chemin à parcourir : on estime en effet que le gisement total atteint les 350 000 à 400 000 tonnes de déchets par an, la moitié issue des chantiers neufs et l'autre moitié des chantiers de déconstruc- tion. Afin de respecter la directive européenne sur les déchets de chantier, qui fixe pour 2020 un objectif de recyclage de 70 %, pour l'ensemble des déchets de construction, la filière plâtre a souhaité appliquer ce même taux pour les déchets de plâtre. Pour y parvenir, les huit usines de production françaises ont toutes mis en place des ateliers de recyclage, qui permettent la réception et le traitement des déchets. À l'heure actuelle, on peut réincorporer sans difficulté jusqu'à 12 % de recyclat dans la fabrication de nouvelles plaques, cloisons ou doublage en plâtre. À moyen terme, il devrait être possible d'atteindre un taux de 25 % de matière recyclée réincorporée dans le cycle de production. G2G (Gypsum to Gypsum), programme de recherche financé pour moitié par l'Union européenne, travaille sur ce sujet de l'amélioration du taux de réincorporation.
En France, les déchets de plâtre devraient être envoyés en installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) dans des alvéoles dédiées afin de limiter leur réaction avec les matières organiques ; une entreprise débourse de 90 à 100 euros à la tonne pour les écouler dans ces installations. En pratique, les déchets de plâtre sont encore trop souvent mélangés et enfouis avec d'autres déchets du BTP. Mais si l'on veut construire une filière de recyclage efficace, il faudra dans les années à venir parvenir à ce qu'ils soient dès la source bien séparés des autres déchets. Les entreprises peuvent se faire aider par les industriels qui leur proposent des solutions (bennes, broyeurs…) moins onéreuses que l'enfouissement en ISDND. L'autre condition réside dans la mise en place de moyens logistiques conséquents, afin d'optimiser la collecte en réduisant les coûts d'acheminement jusqu'aux usines.

« Nous sommes fiers d’être des précurseurs »

Benoît Gagneux, dirigeant de l’entreprise Meignan (plâtrerie, cloisons sèches, isolation thermique et acoustique, plafonds suspendus, aménagement intérieur et décoration), 40 salariés,Château-Gontier (Mayenne)

« Depuis deux ans, nous n'utilisons plus la convention traditionnelle du compte prorata pour le recyclage de nos déchets de chantier. Pour les plaques de plâtre, nous avons mis en place avec un industriel un processus complet de recyclage, du chantier jusqu'à la transformation en nouvelle matière première. L'entreprise récupère ses chutes de plâtre, stockées en palettes de 1 m3. Les camions les apportent à l'atelier, où elles sont broyées pour être ensuite acheminées à l'usine de recyclage. Nos compagnons sont fortement impliqués dans ce processus qui suppose de bien trier les plaques sur le chantier afin qu'elles soient homogènes. Le broyeur permet de réduire d'un tiers le volume de déchets. En 2012, nous en avons traité et valorisé 47 tonnes. Pour l'instant, nous n'avons pas d'intérêt financier dans le processus, mais nous espérons qu'à l'avenir, grâce à l'évolution réglementaire, nous pourrons être rémunérés pour cette activité - qui est génératrice d'emplois. Parmi les pistes d'amélioration du processus, nous envisageons d'utiliser des bennes modulables qui permettront le transport des déchets vers le lieu de production et le retour de nouvelles plaques chez nous. Une autre piste est d'optimiser le transport, en mutualisant la récupération des déchets avec d'autres confrères de la région. Nous sommes fiers d'être des précurseurs du recyclage du plâtre, qui ne pourra que se développer. »

Pour en savoir plus

UMPI-FFB (Union des métiers du plâtre et de l'isolation), tél. : 01 40 69 52 14, www.umpi.ffbatiment.fr