Explications avec la rénovation d’un bâtiment communal d’environ 500 m2, situé en cœur de ville à Salornay-sur-Guye (Saône-et-Loire) et destiné à accueillir des bureaux et une salle de réception. Implanté en rez-de-jardin avec un étage, il possède une cave voûtée enterrée. La configuration du chantier, clos et confiné, et l’accès contraint par une seule porte d’entrée de 1,40 m de large ont complexifié les travaux. Commencé par la démolition, le terrassement et la reprise des fondations, le chantier s’est poursuivi par les travaux de maçonnerie, à la charge de l’entreprise Renaud, implantée à Replonges (Ain), spécialisée en construction et rénovation.
Le bâtiment a nécessité d’importants travaux de renforcement : la reprise en sous-œuvre des murs en pierre de la cave, l’abaissement du dallage de 60 cm de profondeur, la rénovation et la consolidation des planchers. Des ouvertures en façade et une gaine d’ascenseur pour l’accessibilité ont été créées. Pour respecter le caractère du bâti existant, un enduit composé d’un mortier de chaux traditionnelle, teinté dans la masse, habille la façade.
L’entreprise a dû ajuster ses méthodes d’intervention. L’utilisation d’équipements thermiques exige la mise en place de solutions d’extraction d’air ou de détection de CO2 dans l’air, générant notamment un surcoût de mise en œuvre. L’électrique s’est présenté comme une solution adaptée à ce chantier. Une minipelle électrique 1,8 t a été utilisée, accompagnée d’un Dumper électrique. Louée avec une unité d’alimentation externe, elle était rechargée sur les installations électriques du site, de manière complète durant la nuit ; une recharge rapide d’environ trente minutes était aussi conseillée sur la pause du midi, pour récupérer jusqu’à 90 % de la batterie.
Cette organisation a permis aux équipes de travailler toute la journée, sur deux demi-journées consécutives. « Un premier essai réussi », explique Xavier Renaud, cogérant de l’entreprise, qui poursuit : « Nous doutions cependant de la capacité des équipements en journée continue. » L’électrique a éliminé les contraintes liées aux travaux en espace clos et confiné. Son faible encombrement au sol et l’absence d’équipements annexes réduisent l’empreinte carbone du chantier, renforcent la sécurité et facilitent le travail des équipes. Il permet de garantir le « zéro accident respiratoire » en éliminant les gaz d’échappement. La réduction des nuisances sonores pour les riverains et les compagnons est avérée.
Son fonctionnement silencieux améliore le confort des salariés, favorise les échanges et réduit la fatigue. Le travail réalisé est identique à celui effectué avec un équipement thermique équivalent : aucun gain de temps de mise en œuvre n’est relevé. Il s’agit d’adopter de nouveaux réflexes au sein des équipes, notamment en intégrant la recharge dans l’organisation.
La location a servi de test en conditions réelles sur chantier, permettant d’évaluer la pertinence de ce choix avant tout engagement financier. Même si son coût d’exploitation est moindre, à l’achat, une minipelle électrique représente un surcoût d’environ 30 % par rapport à un modèle thermique équivalent, auquel s’ajoute l’investissement indispensable dans une unité de recharge externe. Cela impacte le coût global de mise en œuvre du chantier.
« Cette expérimentation s’inscrit dans une réflexion plus large : réduire l’empreinte carbone des chantiers, anticiper les évolutions réglementaires et affirmer un positionnement différenciant sur le marché », conclut Xavier Renaud.
L’entreprise privilégiera la location pour des opérations similaires, tout en envisageant d’investir si plusieurs chantiers comparables se succèdent.