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Bâtimétiers N° 22 - 2011 | DOSSIER

EQUIPEMENTS DE PROTECTION INDIVIDUELLE

BIEN CHOISIR POUR TRAVAILLER EN TOUTE SÉCURITÉ

Dans un métier où la protection collective ne peut pas systématiquement être mise en œuvre et qui expose plus que d'autres au risque d'accident, l'utilisation des équipements de protection individuelle (EPI) s'impose souvent comme solution d'ultime recours. Raison de plus pour bien les choisir, d'autant qu'il existe aujourd'hui des EPI pour tous les besoins et tous les métiers, et que la variété de l'offre permet de choisir les plus adaptés. Bien gérée, cette contrainte peut aussi valoriser nos métiers.

Davantage que la grue ou la truelle, le casque de chantier est devenu le symbole de la construction et des métiers du bâtiment. Il nous rappelle deux spécificités majeures du métier. La première est qu'il s'agit d'une activité à risques. De tous les secteurs, le BTP est en effet celui qui enregistre le plus fort taux d'accidents du travail. Les statistiques de l'Assurance maladie(1) rappellent que le BTP, qui employait 9 % des salariés en France en 2009 a représenté cette année-là, pour le régime général, 18 % des accidents avec arrêt et 26 % des décès (la chute de hauteur représentant la première cause d'accident grave, et les accidents de manutention un tiers du total des accidents).

La deuxième particularité mise en évidence par le symbole du casque est la place très importante jouée sur les chantiers par les équipements de protection individuelle (EPI). Le casque, qui protège contre les chutes d'objets et les heurts, les bottes ou les chaussures de protection, les gants et le « bleu » de travail composent ainsi la panoplie typique du compagnon du bâtiment. Ce trait s'explique par le caractère forain du métier, qui s'exerce de chantier en chantier, et par la transformation permanente du poste de travail, qui ne se prête pas aussi bien à l'aménagement d'équipements de protection collective que les ateliers fixes de l'industrie. « Or les équipements de protection collective restent le principe de base et la priorité de toute la politique de prévention au travail, souligne Philippe Bourges, ingénieur conseil à la Cnamts. Il en est ainsi depuis le décret " Mesures de protection générale " de 1913 jusqu'aux décrets de 1965(2), puis de 1993(3) et aux six articles du Code du travail(4) qui sont aujourd'hui le cadre de référence réglementaire de la profession. » Dès lors que des mesures de protection collective ne peuvent être mises en œuvre pour un ouvrage, les professionnels du bâtiment doivent donc recourir aux équipements de protection individuelle. Mais lesquels ? Selon quelles modalités ? La réglementation ne se prononce pas sur ce sujet, car c'est au chef d'entreprise de le définir, comme les risques auxquels l'activité de l'entreprise expose les collaborateurs, dans le cadre du « document unique ».

Le Code du travail et les prescriptions de l'évaluation des risques du document unique délimitent ainsi les obligations de l'employeur et du salarié. Celles de l'employeur sont étendues : il doit fournir les EPI appropriés, informer les salariés des risques contre lesquels ces équipements les protègent, de la manière dont ils doivent être utilisés (le cas échéant au travers d'une formation) ; il est garant de leur bon fonctionnement, doit assurer leur entretien, leur remplacement... De son côté, le salarié est tenu d'utiliser ces équipements. Pour l'un comme pour l'autre, la non-observation des obligations est passible de sanctions : procès-verbal et/ou amende de l'Inspection du travail en cas de manquement (même pour un non-nettoyage de la tenue de travail), voire procès et condamnation en cas d'accident pour l'employeur ; lettre de rappel de l'employeur, mise en demeure, voire licenciement pour le salarié.

« Port du casque er des chaussures généralisé mais... »

La réglementation n'est pas tout. Qu'en est-il de l'utilisation des EPI sur les chantiers et de leur efficacité ? S'il reste difficile de mesurer objectivement le bénéfice du port des EPI en termes d'accidents du travail, les choses semblent avoir avancé sur les chantiers. Le port du casque et des chaussures de protection s'est généralisé et il est devenu plus rare, aussi, de voir des compagnons travailler en short ou torse nu. Pour autant, il reste du chemin à faire, car les EPI ce sont aussi les gants, les lunettes, les anoraks pour l'hiver, indispensables quand on travaille dans le bâtiment, sans oublier les protections auditives et les masques. Sur ce point, la France n'est pas aussi avancée que d'autres pays.

Beaucoup de voies s'offrent pourtant aux entreprises pour s'informer, s'équiper et progresser. Ainsi, les médecins du travail (spécialement compétents sur le sujet des troubles musculo-squelettiques et des maladies professionnelles), les conseillers des Caisses d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat, ex-Cram) et des agences régionales de l'OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) peuvent apporter leurs compétences et leur aide à la réalisation du document unique, dans la définition du type et des classes d'équipements à prévoir, dans l'information, voire la formation à l'utilisation. S'approvisionner, ensuite, n'est pas un problème, « en tout cas en Europe, estime Michel Jacques, référent EPI à l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité), depuis que la directive 89/686/CEE du 21 décembre 1989 a imposé des procédures de certification qui ont responsabilisé les fabricants et suscité chez eux un fort développement d'équipements de qualité ». Et ce mouvement est allé de pair avec la diversification des gammes, notamment pour les tenues de travail, les fabricants n'hésitant plus à travailler avec de grandes marques de vêtements de sport ou de loisirs, afin de proposer des produits fonctionnels, confortables et même élégants. L'aide apportée aux entreprises pour sélectionner les bons équipements peut prendre toutes sortes de formes. Valérie Pateau-Boucher, qui dirige à Limoges une entreprise de peinture (vingt-trois collaborateurs), s'est par exemple engagée en 2009 dans la démarche de « contrat de progrès » proposée par l'OPPBTP, qui lui a permis d'identifier et de mettre en place un EPI répondant à un problème spécifique de son activité (voir témoignage).

S'équiper oui, mais avec des produits adaptés

Dans un autre registre, l'OPPBTP a apporté son concours à une initiative de la filière maçonnerie lancée il y a quelques années, qui a débouché sur la création d'une ligne spécifique d'EPI. Un groupe de travail monté en 2002 réfléchissait aux moyens d'améliorer l'image des métiers du gros œuvre à partir de sujets aussi différents que le poids unitaire des sacs de ciment et leur composition, ou l'incitation au port des gants pour prévenir l'apparition de dermatoses chez les personnes manipulant le ciment. Sur ce dernier point et parce que les gants que l'on trouvait dans les réseaux d'approvisionnement des entreprises ne répondent pas forcément aux besoins des maçons, il a paru plus pertinent d'inciter au port de gants adaptés. Ainsi est née l'idée d'une marque : « Recommandé par les maçons », pour permettre d'aiguiller le choix des professionnels vers les meilleurs équipements. Une démarche partenariale s'est alors engagée entre la filière, les fabricants d'équipements et l'OPPBTP pour l'attribution de cette marque. « À partir de 2007, cette démarche s'est réorientée, indique Dominique Dubois-Picard, ergonome et responsable du dossier à l'OPPBTP, car il a été demandé aux fabricants d'améliorer leurs produits, des gants toujours conçus au départ pour l'industrie, pour répondre aux besoins spécifiques des maçons. » Depuis lors, des modèles de gants spécialement développés pour trois applications : « construction », « coulage du béton » et « enduit, finition, carrelage », ont reçu la marque(5). Et la démarche continue puisqu'un fabricant propose maintenant une ligne de gants créée spécialement pour les métiers du gros œuvre. Si elles restent rares, des démarches de ce type montrent bien que les EPI, comme tout ce qui touche la vie de l'entreprise, est aussi un enjeu de management. Pour certains chefs d'entreprise, leur choix - notamment celui de la tenue de travail -, la gestion de leur entretien et de leur réassort sont autant d'opportunités pour animer la démarche prévention de l'entreprise. « Il est très important que le chef d'entreprise ne choisisse pas seul et n'impose pas les équipements. Car on constate que, lorsque les utilisateurs sont impliqués dans le choix, qu'ils peuvent donner leur avis et qu'il est tenu compte de leurs observations, il y a beaucoup plus de chances pour que les EPI soient effectivement portés », souligne Michel Jacques. Quant au vecteur d'image et à l'outil de communication, voire de promotion, que peut être une tenue de travail, certains n'ont pas attendu pour s'en saisir, apposant leur logo sur des tenues modernes, parfois de couleur vive, qui sont une façon radicale d'afficher leur marque et leur professionnalisme sur les chantiers... comme en ville.

(1) Tableaux de synthèse des statistiques nationales de sinistralité 2009 de la branche AT-MP du régime général, Direction des risques professionnels, Cnamts, juillet 2010.
(2) Décret 65-48 du 8 janvier 1965 : « Mesures particulières de protection et de salubrité applicables aux établissements dont le personnel exécute des travaux de bâtiment, des travaux publics et tous les autres travaux concernant les immeubles ».
(3) Décret 93-41 du 11 janvier 1993 (loi 91-1414 du 31 décembre 1991), transposition de la directive européenne du 12 juin 1989 (89/391/CEE).
(4) Articles L 4121-2, R 4321-1, R 4321-4, R 4323-95, R 4323-104, R 4323-106.
(5) Voir http://www.oppbtp.fr/, rubrique Aide technique/ Dossiers techniques.

Les critères du bon choix

  • CASQUES

Un casque n'est pas fait pour durer toujours ! En plus de sa conformité, il faut vérifier sa date limite d'utilisation et penser à le remplacer.

Bon à savoir Certains modèles de conception récente, plus légers et confortables, seront plus facilement portés que des modèles premier prix. Dans les travaux d'intérieur où n'existe pas de risque de chute, on peut aussi préférer la casquette antiheurts au casque.

Normes NF EN 397 (casque de protection), NF EN 812 (casquette antiheurts)

Métiers Façadier, électricien (casque ou casquette), plombier (casque ou casquette), maçon, peintre (travaux sur échafaudage ou en superposition)

Coût 4,20 à 20 € (casque), 15 à 20 € (casquette)

  • MASQUES

Le risque respiratoire est très présent dans les métiers du bâtiment, et d'autant plus redoutable qu'il passe inaperçu et que ses effets sont différés dans le temps. Une formation spéciale doit être dispensée aux utilisateurs de masques à ventilation assistée.

Bon à savoir Les cartouches filtrantes des masques réutilisables sont adaptées à un type de vapeur ou de gaz. Il en existe six sortes, codées par six couleurs.

Normes Masques à usage unique : EN 149 2001 + A1 2009, EN 405, Masques réutilisables : EN 136, EN 140, EN 14387, EN 143, Masques à ventilation assistée : EN 12941, EN 14594, EN 14593-1 et EN 14593-2, EN 137, EN 145, EN 1146, EN 402

Métiers Façadier (décapage et traitement des façades), serrurier-métallier (soudage), plâtrier, peintre (en combinaison avec protection des yeux pour la peinture au pistolet), menuisier (masque à usage unique ou réutilisable pour les opérations courantes, y compris collage ; masques spécifiques pour travaux de vernissage et de vitrification)

Coût 1 à 5 € (masque jetable), 700 à 1 000 € (masque à ventilation assistée)

  • HARNAIS

La chute de hauteur est la première cause d'accident grave dans les métiers du BTP.

Bon à savoir L'utilisation d'un équipement individuel antichute, de préférence à un système de protection collective, est soumise à des règles strictes (justification du choix, formation théorique et pratique du personnel, contrôle et entretien du matériel).

Norme EN 361

Métiers Électricien (notamment électriciens intervenant sur les lignes, dits « lignards »), charpentier, couvreur, étancheur

Coût 20 à 600 € (harnais), 90 à 700 € (système antichute)

  • ARTICULATIONS

De nombreux métiers, notamment dans le BTP, imposent de travailler à genoux. À la longue, cette position peut entraîner un trouble musculo-squelettique (TMS), l'hygroma du genou, reconnu comme maladie professionnelle.

Bon à savoir Une protection spéciale, dénommée Hygrovet, a été développée par l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité). Elle est constituée d'une plaque viscoélastique qui se loge dans une poche prévue à cet effet dans le pantalon de travail.

Norme EN 14404

Métiers Carreleur, plombier, plâtrier-plaquiste

  • CHAUSSURES

Sur les chantiers comme à l'atelier, les pieds sont exposés aux risques : ils sont concernés dans 6,5 % des accidents déclarés.

Bon à savoir Outre les protections classiques contre l'écrasement et la perforation, les chaussures de sécurité modernes sont étanches à l'eau, protègent de la chaleur et du froid. En plus elles sont légères, confortables et aussi esthétiques que des chaussures de sport.

Normes EN 20345, directive 89/686/CEE

Métiers Tous les métiers

Coût moyen Entre 40 et 90 €

  • LUNETTES

Les lunettes sont le parent pauvre des EPI en France. À tort, parce que les yeux sont fragiles et fortement exposés aux projections et aux rayonnements sur les chantiers.

Bon à savoir La protection des yeux peut être assurée par des lunettes à branches, des lunettes masque, mais également des écrans faciaux offrant une protection d'une grande partie du visage. Certaines lunettes de protection reprennent le design des lunettes des skieurs et des champions cyclistes. Succès assuré !

Normes EN 166 (spécifications générales), EN 169 (filtres pour le soudage), EN 170 (filtres pour ultraviolets), EN171 (filtres pour infrarouges), EN 172 (filtres de protection solaire à usage industriel)

Métiers Façadier (sablage ou décapage), électricien, carreleur (découpe), serrurier-métallier, peintre (combinées avec un masque de protection pour peinture au pistolet)

  • PROTECTIONS AUDITIVES

Le port de protections auditives sur chantier est obligatoire dès que le niveau sonore atteint 80 dB.

Bon à savoir Pour des raisons de sécurité, les protections auditives ne doivent pas empêcher la perception de la voix ou ramener le niveau sonore perçu en dessous de 65 dB.

Normes EN 352-1, EN 352-2, EN 352-3, EN 352-4, EN 458

Métiers Façadier (sablage), maçon (machines de chantier), serrurier-métallier (machines d'atelier), plâtrier (chantiers en co-activité), menuisier (machines d'atelier)

Coût 0,20 à 0,30 € (bouchons jetables), 1,50 à 2 € (bouchons réutilisables), 4 à 5 € (arceaux), 20 € (serre-tête),200 € (bouchons moulés)

  • GANTS

Dans le BTP, les mains sont très exposées et généralement protégées. À eux seuls, les gants représentent un quart du marché des EPI en France.

Bon à savoir Les mains doivent être protégées contre la chaleur, le feu, le froid et les risques mécaniques ou chimiques. Or il n'existe pas de gant universel : un modèle adapté doit être choisi pour chaque usage (pour leur utilisation dans trois domaines bien définis, les maçons pourront se fier à la marque « Recommandé par les maçons » attribuée à quinze modèles proposés par huit fabricants - voir texte principal).

Normes EN 420, EN 388, EN 374 1-2-3, EN 407, EN 511

Métiers Façadier, électricien, carreleur (risques particuliers de dermatose des mains), canalisateur (gants étanches aux micro-organismes obligatoires pour les interventions sur les réseaux d'assainissement), plombier (risques mécaniques et chimiques), maçon, serrurier-métallier, étancheur (risques mécaniques, soudage), plâtrier-plaquiste

Coût 2 à 5 € pour une protection ordinaire et jusqu'à 25 € pour les utilisations spéciales

  • VÊTEMENTS

La tenue de travail est aussi un équipement de protection individuelle et doit être adaptée aux risques dont elle protège. Trois catégories de vêtements ont été définies par la directive européenne 89/686/CEE en fonction de ces risques : cat.1 (risques minimes), cat.2 (risques intermédiaires), cat.3 (risques graves ou irréversibles). Un marquage haute visibilité des tenues doit être prévu lorsque la visibilité des opérateurs constitue un facteur de risque.

Normes EN 340 (exigences générales), EN 11612, EN 14116, EN 11611 (protection contre la chaleur et les flammes), EN 13034 (protection contre les produits chimiques liquides), EN 342, EN 343, EN 14058 (protection contre les intempéries), EN 471 (signalisation haute visibilité)

Métiers Façadier (combinaison étanche pour travaux de sablage et de décapage), couvreur, canalisateur-terrassier (vêtement haute visibilité classe 3 pour intervention en zone sous circulation), maçon (vêtement haute visibilité de classe 2 dans les zones sous circulation et en extérieur), serrurier-métallier, étancheur (vêtements ininflammables), peintre (port d'une combinaison jetable à cagoule obligatoire de catégorie 3 type III ou IV pour peinture au pistolet), menuisier (port d'une combinaison à usage unique pour les travaux de vernissage, de vitrification et de traitement du bois)

Avis d'expert

Une tendance à l'amélioration dans le BTP

Philippe Bourges, ingénieur conseil CNAMTS

« Les codifications utilisées dans les statistiques d'accidents du travail n'ont pas été conçues pour faire de la prévention. Elles ne permettent donc pas d'avoir une vision du bénéfice du port des EPI, ni du nombre d'accidents liés au non-port d'EPI. Les données disponibles offrent toutefois une certaine visibilité sur deux points. Le premier est l'importance des accidents de manutention, qui représentent un tiers du total dans le BTP, ce qui souligne la nécessité de progresser aussi bien en matière d'équipements collectifs (aménagement de recettes à matériaux sur les chantiers) qu'individuels.

Le second point est une tendance à l'amélioration, qui se traduit sur la période 2008-2009 par une baisse de 6,50 % des accidents du travail. Ce progrès est selon nous corrélé au fait que beaucoup d'entreprises se mobilisent davantage pour la prévention et qu'elles tirent le secteur en avant. Nous y voyons aussi le fruit de la mobilisation accrue des acteurs de la prévention : celle de nos caisses régionales, qui s'efforcent de visiter un maximum de chantiers, et celle de l'Inspection du travail. L'évolution du matériel et des équipements est un autre facteur de progrès, et nous le voyons bien avec l'utilisation généralisée des nacelles qui sont un poste de travail sûr, contribuant en outre à l'amélioration de la productivité. Les EPI viennent au deuxième plan par rapport aux équipements collectifs. S'ils s'améliorent, ils peuvent aider à atteindre notre objectif qui est de diminuer de 15 % le taux de fréquence des accidents graves avec incapacité permanente dans le BTP sur la période 2009-2012. »

Témoignage

La formule globale du « contrat de progrès »

Valérie Pateau-Boucher, responsable de l'entreprise de peinture Boucher SA - Limoges (Haute-Vienne)

Lorsqu'en 1995, elle succède à son père à la tête de la petite entreprise de peinture qu'il a fondée en 1987, Valérie Pateau-Boucher y apporte une vision et une sensibilité différentes, notamment en matière de prévention. « Mon père avait commencé comme artisan, explique-t-elle. Il avait donc une connaissance pratique du métier qui l'amenait à relativiser certains risques. Ce n'était pas mon cas, et je tremblais chaque fois que je voyais un compagnon repeindre une fenêtre en hauteur. Mais peut-on installer un échafaudage chaque fois qu'on doit repeindre une fenêtre ? » Valérie Pateau-Boucher veut voir changer certaines habitudes et cherche à sensibiliser les collaborateurs, mais elle a le sentiment d'agir au coup par coup sans avancée décisive.

Mi-2009, à la suite d'une réunion de présentation de l'OPPBTP organisée par la FFB Limousin, elle prend contact avec Jean-Michel Bernard, un conseiller régional de l'organisme. « Je lui ai fait part de mes interrogations et de ma volonté de progresser. Il m'a proposé un " contrat de progrès ". J'étais prête, le caractère très structuré de la démarche m'a rassurée et j'ai immédiatement adhéré. » Le travail a commencé en septembre 2009 par un état des lieux, l'inventaire du matériel, dont les EPI, l'identification d'objectifs à six et à neuf mois. Assez rapidement a été organisée une journée prévention pour la totalité du personnel. « Elle comportait un volet sensibilisation sur les accidents du travail, les risques chimiques de notre activité, etc. Un vrai dialogue s'est engagé et l'on a pu échanger sur tous les sujets : l'utilisation des échafaudages, des nacelles, les protections individuelles, etc. Sur le problème spécifique de la mise en sécurité des postes de travail en hauteur, Jean-Michel Bernard nous a par la suite présenté un système léger d'EPI antichute composé d'un harnais, d'une longe et d'un système d'ancrage mobile(1). Comme tous les systèmes antichutes, il impliquait une formation initiale des utilisateurs (avec délivrance d'un certificat nominatif), ainsi qu'une visite annuelle de contrôle et d'entretien qui est aussi l'occasion de réviser les principes d'utilisation avec le personnel. Ce système a très bien été accepté par les collaborateurs et répondait exactement à mon attente. C'est un investissement qui, formation de quatre collaborateurs comprise, est revenu à 2 900 euros (hors taxes) à l'entreprise. Aujourd'hui, j'ai la satisfaction de voir que cet équipement est utilisé par les quatre personnes habilitées, et nous avons pu aborder un autre sujet prévention qui est l'utilisation des masques et de peintures ne dégageant pas de COV (composés organiques volatils). Le " contrat de progrès " a largement été rempli, et c'est une démarche que je recommande. »

(1) En savoir plus : www.ancragems.fr

Pour en savoir plus

- « Protection de la personne », numéro spécial été 2010 de Prévention BTP, le magazine de l'OPPBTP

- Fiches EPI métiers de l'OPPBTP, réalisées par le SSTBTP (Service de santé au travail) de Franche- Comté, téléchargeables sur www.oppbtp.fr

- Brochures EPI de l'INRS, à télécharger sur www.inrs.fr/inrs, rubrique Se documenter/Brochures et dépliants/Démarches et instruments de prévention/Équipements de protection individuelle